Divergences et crédibilité des récits évangéliques

Pour compléter mon article sur l’inerrance biblique, j’aimerais montrer en quoi la remise en cause de l’inerrance biblique, loin de porter atteinte à la crédibilité de la Bible, permet au contraire de renforcer cette crédibilité face à certaines objections de la critique contemporaine. Pour cela, je prendrai l’exemple des récits évangéliques.

Théorie traditionnelle et objections contemporaines

Les différents auteurs de l’Antiquité (Papias, Clément d’Alexandrie, Irénée de Lyon, Tertullien, etc.) nous ont transmis l’information selon laquelle les évangiles provenaient de quatre personnes différentes. Matthieu avait écrit son évangile en « langue hébraïque », puis quelqu’un l’a traduit en grec. Marc, le traducteur de Pierre, a mis par écrit l’évangile que Pierre prêchait en araméen. Luc a fait un travail d’historien et a collecté différents témoignages pour composer son évangile. Enfin, à la fin de sa vie, Jean a rassemblé ses souvenirs pour faire composer l’évangile qui porte son nom, afin de compléter les trois évangiles précédents.

Cette théorie traditionnelle a été contestée par certains savants contemporains qui estiment que les auteurs des trois premiers évangiles se seraient copiés les uns les autres, même si ces savants ne sont pas exactement d’accord sur l’ordre d’influence. Dans ce bref article, je montrerai justement pourquoi cela me paraît improbable.

Pour ce faire, je prendrai deux exemples tirés des trois évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc). Le premier exemple est une comparaison entre Matthieu et Luc, tandis que le second permettra de comparer Matthieu et Marc.

Les récits évangéliques et leurs divergences

Premier exemple : La rencontre de Jésus et du centenier à Capernaüm

Dans le récit consigné par Matthieu, il est très clairement dit que le centenier aborde directement Jésus et l’évangéliste nous rapporte ensuite le dialogue entre Jésus et le centenier. Dans son évangile, Luc précise au contraire que le centenier n’ose pas venir voir Jésus, mais qu’il envoie des serviteurs, car lui-même se sent indigne de rencontrer Jésus.

Deuxième exemple : La malédiction du figuier

Dans le récit de Matthieu, Jésus chasse les marchands du Temple, puis passe devant le figuier et le maudit. Celui-ci sèche immédiatement et Matthieu insiste d’ailleurs sur ce détail «Et à l’instant le figuier sécha. Les disciples, qui virent cela, furent étonnés, et dirent : Comment ce figuier est-il devenu sec en un instant ? ». Les disciples remarquent cette réalisation instantanée et s’en étonnent.

En revanche, dans le récit rapporté par Marc, l’épisode se déroule clairement en deux temps. Jésus passe une première fois devant le figuier, qu’il maudit, puis Jésus chasse les marchands du Temple, et c’est seulement le lendemain, en sortant de Jérusalem, que les disciples découvrent que le figuier a séché. A l’inverse de Matthieu, Marc insiste au contraire sur la séparation temporelle : « Pierre, se rappelant ce qui s’était passé ».

Le chrétien et les divergences

La posture fondamentaliste

Face à ces divergences, deux attitudes sont possibles. Les fondamentalistes, tenant de l’inerrance biblique, tenteront de trouver toutes sortes de « solutions » pour expliquer ces « divergences » qui ne seraient qu’ « apparentes ». Mais leurs explications, complètement « tirées par les cheveux », ne convaincront qu’eux-mêmes. Bien loin de défendre la crédibilité du texte biblique, ces explications ne contribueront qu’à les ridiculiser auprès de toute personne faisant preuve d’un minimum d’attention au texte biblique et par voie de conséquence, ce qui est plus grave, ces explications risquent de décrédibiliser le texte biblique lui-même.

L’Eglise ancienne et l’inerrance biblique

A l’inverse, une deuxième attitude consiste au contraire à admettre que le texte biblique contient effectivement des divergences, et même, n’ayons pas peur du mot, des contradictions factuelles, mais que cela ne pose aucun problème pour la foi chrétienne. Cette position, beaucoup plus équilibrée et réaliste, se retrouve chez les premiers chrétiens, citons par exemple Tertullien (fin du IIe siècle) et Jean Chrysostome (IVe siècle) :

« Notre foi, c’est parmi les apôtres Jean et Matthieu, qui nous la communiquent, parmi les personnages apostoliques, Luc et Marc, qui nous la renouvellent, ils sont partis des mêmes règles de foi en ce qui concerne le Dieu unique, le Créateur et son Christ, né de la Vierge, accomplissement de la Loi et des prophètes. Tant pis si il y  a des variantes dans la disposition de leurs récits, pourvu que sur le point capital de la foi, il y ait accord- un accord qu’on ne trouve pas avec Marcion ! » Tertullien, Contre Marcion, IV, 2, 2-3

Tertullien reconnaît explicitement qu’il y a entre les évangiles des différences factuelles. Loin de les nier, il les accepte puisque celles-ci  ne changent rien au contenu de la Foi. Par ailleurs, dans ce même ouvrage, un peu plus loin (Contre Marcion, IV, 19,10), Tertullien écrit : « Mais aussi c’est un fait bien établi qu’alors, en Judée, sous Auguste, un recensement a été conduit par Sentius Saturninus : ils auraient pu enquêter dans ces actes sur son lignage ».  En écrivant cela, il ne peut pas ignorer qu’il contredit les propos de Luc qui affirme au contraire que le gouverneur qui a mené le recensement était Quirinus (Luc 2 :2). Tertullien ne pense donc pas que les informations historiques des évangiles soient infaillibles et il n’hésite pas à les contredire lorsqu’il juge ses sources plus fiables. Pour l’anecdote, notons que nos connaissances historiques actuelles confirment plutôt les propos de Tertullien.

 Encore plus près de notre sujet, Jean Chrysostome s’adresse directement à ceux qui objectaient que les divergences étaient nuisibles à la vérité de l’Evangile :

« Je vous réponds que ces différences sont précisément la plus forte preuve de la véracité des évangélistes. Si l’accord de leur récit avait été minutieux jusque dans la circonstance, jusque dans le lieu, jusque dans les mots mêmes, aucun de leurs ennemis n’aurait cru que c’était sans s’être réunis, ni sans une sorte de convention d’homme à homme qu’ils ont écrit ce qu’ils ont écrit, ni qu’un tel accord serait le fait de la sincérité. Mais précisément cette différence qui se montre dans les détails empêche de soupçonner ces écrivains et témoigne clairement en leur faveur ». Jean Chrysostome, Homélie introductive sur Matthieu

Divergence des récits et crédibilité des évangiles

Cet argument de Chrysostome me semble particulièrement pertinent. Les divergences que nous avons soulevées montrent bien l’indépendance des différents évangiles et confirment donc l’opinion traditionnelle de l’Eglise contre les théories modernes que j’ai évoquées en début d’article.

Pour terminer, je vous propose une petite histoire qui illustre bien le rapport entre les différents évangiles. Imaginons trois personnes ayant passé leurs vacances ensemble et à qui l’on demande, quelques mois plus tard, un compte rendu. Il ne fait aucun doute que si la trame générale sera la même, les récits de ces personnes divergeront dans les détails et peut-être même se contrediront sur certains points. Ainsi, une des personnes se souviendra que la sortie à la piscine était le jeudi, tandis que l’autre la placera un mardi.

C’est exactement de cette façon que nous devons aborder les quatre récits évangéliques.

Conclusion

Pour conclure, je dirai que plutôt que de tordre les textes bibliques à l’aide de raisonnements qui ne font que ridiculiser ceux qui les tiennent, il vaut mieux admettre l’existence de certaines divergences, et même de contradictions factuelles, entre les textes.

Bien loin de remettre en cause la fiabilité des différents récits, ils en confirment au contraire l’authenticité. En effet, les chrétiens d’autrefois, qui ont toujours remarqué ces divergences, n’ont pas cherché à les corriger et ont préféré conserver le texte tel qu’il leur avait été transmis.

Par ailleurs, dans le cas des évangiles, ces divergences prouvent l’indépendance de chaque récit. Les évangiles ne résultent pas d’une source commune qui aurait été retravaillée tardivement, mais ils constituent bien quatre témoignages indépendants. Leur concordance générale atteste donc de la fiabilité des faits qu’ils nous rapportent.

A propos David Vincent 176 Articles
Né en 1993, David Vincent est chrétien évangélique doctorant en sciences religieuses à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Ses recherches portent sur l’histoire de la théologie chrétienne et de l’exégèse biblique, les rapports entre théologie et savoirs profanes, et l’historiographie confessionnelle. Il est membre de l’association Science&Foi et partage ses travaux sur son blog et sa chaîne Youtube.
  • Un grand merci David pour cet article.
    Je suis persuadé que la théologie évangélique est sur le point d’aller dans cette direction qui est la seule issue raisonnable pour l’intelligence et la foi…
    Les citations des Pères de l’église que tu fournis sont vraiment renversantes…et nous montrent bien que la doctrine de l’inerrance historique de la Bible est une invention moderne, inventée pour lutter contre les attaques rationalistes contre la Bible, mais paradoxalement motivée par les mêmes préjugés philosophiques qu’eux!

    • C’est exactement ça. Pour moi libéralisme et fondamentalisme sont deux facettes d’une même erreur.
      On projette nos propres préjugés contemporains sur le texte au lieu d’essayer de comprendre le texte en lui-même dans son contexte d’écriture.

  • Bible2000

    Bonjour David,
    ___Je comprends tout à fait le but de votre sujet. Je suis d’accord qu’il arrive de voir ce genre de variantes. Par contre concernant le centenier (Mt 8.5-13; Luc 7.1-10), je ne crois pas que certaines paroles dans cet événement compté par Matthieu et Luc se contredisent. De plus il n’est pas dit que Jésus a abordé DIRECTEMENT le centenier. Matthieu met l’accent sur les paroles échangées entre le centenier et Jésus, mais non sur la façon (via les personnes intermédiaires) dont ces paroles ont été véhiculées, tandis que Luc raconte ces détails. Matthieu a voulu faire court en ne gardant que ce qu’il jugeait plus important. Disons qu’il existe différents styles pour compter un événement.
    ___Le mot grec « proserchomai » traduit par « aborda » en Matthieu ne signifie pas « obligatoirement » qu’il a toujours la signification d’aborder DIRECTEMENT. Ce mot est utilisé pour dire qu’on peut s’approcher (proserchomai) du trône de Dieu et pourtant c’est PAR le moyen d’un intercesseur (Jésus). Quand on s’approche de Dieu en le priant, il est aussi dit que c’est le Saint-Esprit qui intercède ENTRE nous et le Père (Rom 8.27), ce Dieu Père dont il est dit être DIRECTEMENT INACCESSIBLE (1 Tim 6.16). Le Père habite en nous, mais par son autre lui-même qui est le Saint-Esprit.

    Matthieu 8.5: « Comme Jésus entrait dans Capernaüm, un centenier l’aborda (en grec: proserchomai),… »

    Hébreux 7.25: « C’est aussi pour cela qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent (proserchomai) de Dieu PAR lui (Jésus), étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. »

    1 Timothée 6.16: « [Dieu] …qui seul possède l’immortalité, qui habite une lumière INACCESSIBLE, que nul homme n’a vu ni ne peut voir, à qui appartiennent l’honneur et la puissance éternelle. Amen ! »

    Hébreux 4.16: « Approchons-nous (proserchomai) donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins. »

    Romains 8.27: « et celui (Dieu le Père) qui sonde les coeurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est selon Dieu qu’il [le Saint-Esprit] INTERCÈDE en faveur des saints.
     »

    ___Tout en gardant intact le texte de Matthieu, je mets en gros entre parenthèse (en paraphrasant) ce que Luc ajoute concernant les messagers intermédiaires, afin de donner une idée de ce que je veux dire.

    Matthieu 8.5-13: « Comme Jésus entrait dans Capernaüm, un centenier l’aborda, le priant et disant : Seigneur, mon serviteur est couché à la maison, atteint de paralysie et souffrant beaucoup. Jésus lui dit : J’irai, et je le guérirai. Le centenier répondit : Seigneur, je ne suis pas digne que… . Puis Jésus dit au centenier : Va, qu’il te soit fait selon ta foi. Et à l’heure même le serviteur fut guéri. »

    Matthieu 8.5-13: « Comme Jésus entrait dans Capernaüm, un centenier (ayant entendu parler de Jésus) l’aborda (par l’entremise de quelques anciens des Juifs qu’il lui envoya), le priant et disant : Seigneur, mon serviteur est couché à la maison, atteint de paralysie et souffrant beaucoup. Jésus (guère éloigné de la maison) lui dit (par l’entremise de ces mêmes anciens des Juifs): J’irai, et je le guérirai. Le centenier (envoya des amis et lui) répondit : Seigneur, je ne suis pas digne que… . Puis Jésus dit au centenier (par l’entremise des ces mêmes gens): Va [continue en paix ta besogne], qu’il te soit fait selon ta foi. Et à l’heure même (où ces gens était de retour à la maison) le serviteur fut guéri. »

    ___Qu’en pensez-vous David ? Il y a souvent des intermédiaires qu’on n’indique pas dans nos conversations lorsqu’on les compte, donnant ainsi l’Impression qu’une personne nous a parlé directement: le téléphone, des lettres, la télé, une autre personne, un traducteur interprète, etc.
    ___Un autre exemple où les textes semblent se contredire, en citant ces deux versets, il y a APPARENCE de contradiction:

    Marc 16.1: « Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates, afin d’aller embaumer Jésus. »

    Luc 23.56: « et, s’en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums. Puis elles se reposèrent le jour du sabbat, selon la loi. »

    ___Mais le jour où on a vu les choses comme les auteurs l’ont écrits, tout semblant de contradiction disparaît { voir mon commentaire sur http://didascale.com/mort-resurrection-jesus } :
    – mercredi le 14e jour du mois de Nisan = Pâque = mort de Jésus en fin d’après-midi;
    – jeudi le 15 Nisan = grand jour de « fête de sabbat » annuel (1er jour de la « fête des pains sans levain » qui durent 7 jours) (donc il y a 8 « jours de pains sans levain » en comptant la Pâque);
    – vendredi 16 = les femmes achètent des aromates et les préparent;
    – samedi 17 = jour de sabbat hebdomadaire, résurrection de Jésus en fin d’après-midi (3 jours et 3 nuits après sa mort);
    – dimanche 18 Nisan = Jésus étant « déjà » ressuscité ce 1er jour de la semaine, il se montra par la suite.

    Raymond Houle http://www.bible2000.net

  • Bonjour Raymond,

    Merci pour ton message. Mais à titre personnel, je pense justement qu’il illustre les « explications tirées par les cheveux »‘ dont je parlais, . car finalement il détruit totalement le texte de Matthieu.

    Si tu lis le texte de Matthieu, tu ne peux pas comprendre autre chose qu’une rencontre directe, car l’évangéliste nous présente clairement une discussion »face à face » de Jésus et du centenaire. En mélangeant les deux, tu en viens à changer complètement le sens du texte.

    Si cela te convainc. Soit. Mais je pense que cette démarche apporte plus de problèmes que de solutions. A titre personnel, je préfère aborder chaque texte tel qu’il nous est présenté par l’auteur, quitte à reconnaitre des divergences entre les récits, plutôt que forcer le texte pour essayer de tout concilier.

    En tout cas, merci encore pour ta participation à cette discussion 🙂

    • Bible2000

      ___Bonjour David, merci de m’avoir répondu. Si tu permets, j’aimerais compléter avec ceci. Voici le texte de Luc intact, mais j’enlève les phrases qui parlent des messagers intermédiaires:

      « …Jésus entra dans Capernaüm. Un centenier avait un serviteur auquel il était très attaché, et qui se trouvait malade, sur le point de mourir. Ayant entendu parler de Jésus, ( … ) le prier de venir guérir SON serviteur. ( … ) Jésus, ( … ) n’était guère éloigné de la maison, quand le centenier ( … ) lui dire : Seigneur, ne prends pas tant de peine ; car JE ne suis pas digne que tu entres sous MON toit. … Lorsque Jésus entendit ces paroles, il admira le centenier, et, se tournant vers la foule qui le suivait, il dit : Je vous le dis, même en Israël je n’ai pas trouvé une aussi grande foi. ( … ) trouvèrent guéri le serviteur qui avait été malade. »

      – Qui est-ce qui a entendu parlé de Jésus ici ? C’est le centenier.
      – Qui est-ce qui DÉCIDA qu’on aborde Jésus ? C’est bien le centenier et non ses messagers. Donc, le centenier a abordé Jésus (selon Matthieu), même si c’est à distance par l’entremise de ses messagers (selon Luc).
      – Qui est-ce qui voulait que Jésus guérisse SON serviteur ? Il est bien écrit: « SON serviteur », au centenier et non aux messagers.
      – Dans ces paroles, à qui est le « JE », le « MON toit » et qui n’est pas « digne » ? « JE ne suis pas DIGNE que tu entres sous MON toit ». Ces paroles adressées à Jésus sont les paroles de qui ? Du centenier et non des messagers.
      ___Il est donc question d’un dialogue entre le centenier et Jésus comme s’ils étaient face à face ou comme s’ils se parlaient par téléphone. C’est pourquoi Matthieu n’a retenu que le dialogue entre le centenier et Jésus. Le centenier a abordé Jésus par ses paroles; il a envoyé ses paroles à Jésus. Il n’y a donc pas contradiction entre les paroles de Matthieu et celles de Luc.
      ___David est assis dans une station d’autobus et moi je suis dans l’autobus qui fait un arrêt de 10 minutes devant cette station. Pendant ce temps, j’envoie mon ami (qui est assis près de moi) rejoindre David pour dire que je l’invite à souper ce soir. Celui qui a décidé d’aborder David n’est pas mon ami, mais moi. C’est donc moi qui a abordé David par mes paroles qui lui étaient adressées. Ainsi, rendu chez moi, je peux dire à ma femme que j’ai abordé David pour l’inviter à souper (je ne lui précise pas si c’est DIRECTEMENT ou INDIRECTEMENT). Tandis que mon ami dit à ma femme qu’il a abordé David de ma part; c’est comme si j’avais abordé David par l’entremise du téléphone (serait-ce directement ou indirectement dans ce cas? Cela dépend de comment on conçoit cela). Les deux disent vrai. C’est ainsi qu’il faut lire Matthieu lorsqu’il raconte ce que Luc a dit. Matthieu n’a pas fait d’erreur ni de mensonge puisqu’il a parlé ainsi TOUT LE LONG de son récit. Luc n’a pas menti en ajoutant des faussetés, car ce serait toute une série de mensonges TOUT LE LONG de son récit. Conclusion: les deux se complètent sans erreur. Il faut seulement comprendre le style de Matthieu lorsqu’il écrit. Il a fait comme plusieurs font aujourd’hui dans la vie de tous les jours, il a simplifié en ignorant les intermédiaires, mais en se concentrant sur le message uniquement, sur les paroles que l’un (le centenier) et l’autre (Jésus) se partagaient.
      ___Voilà David, je viens de t’aborder une fois de plus. Pourtant, il y a eu au moins trois intermédiaires entre nous deux: mon ordinateur pour t’écrire, le serveur de ton blog par lequel tu as reçu mon message et ton ordinateur par lequel tu m’écris. J’aurais pu t’aborder DIRECTEMENT par téléphone lequel aurait été un intermédiaire au même titre que les messagers du centenier. Mais je respecte ton point de vue.
      Que Dieu te bénisse richement.
      Raymond Houle

  • Maxime G

    Salut !
    Je pense que tes citations des Pères n’impliquent pas qu’ils croyaient à des erreurs mais simplement à des différences, ce que les fondamentalistes reconnaissent.

    Le fait que tu croies que les explications des difficultés bibliques soit tirées par les cheveux est assez subjectif. Et cela pose un problème majeur : les vérités théologiques que l’on croit et sur lesquelles la Bible est innérante sont souvent liées à un événement historique.

    Enfin tu cites Tertullien et tu l’opposes à Luc mais Luc 2:2 affirme simplement que le gouverneur de la Syrie (c’est à dire la région qui s’étendait de Tyr jusqu’au Sud d’Antioche) était Quirinus et ne dis pas qu’il a organisé ce recensement, donc pas de contradiction de ce côté. Il a pu être gouverneur de Syrie pendant que le gouverneur de la Judée organisait le recensement.

    • Bonjour Maxime,

      Merci pour ton commentaire.

      1) Je ferai une série d’articles (probablement cet été) pour présenter plus en détails l’exégèse des Pères. Je pense que mes propos seront alors plus clairs et tu comprendras pourquoi leur exégèse est incompatible avec le fondamentalisme. En attendant as-tu eu l’occasion de lire cet article ?

      http://didascale.com/linspiration-et-linterpretation-de-la-bible-dans-leglise-ancienne/

      2) Le fait que « tiré par les cheveux » soit une notion subjective n’enlève à mon avis rien à sa pertinence. Je donne mon avis sur la question car je pense que les explications fondamentalistes pour « résoudre les contradictions apparentes » contribuent plus à discréditer l’Evangile et le christianisme qu’autre chose.
      Maintenant si de ton côté tu penses le contraire, tu es tout à fait libre de défendre cette position lorsque tu présentes l’Evangile à quelqu’un.

      Quant à l’argument théologique, c’est un faux problème. Car les vérités historiques indispensables à la foi chrétienne ont toujours été affirmées dans les credo de l’Eglise : incarnation, crucifixion, résurrection, ascension et retour de Jésus.
      Tu constateras au passage que l’historicité d’Adam n’est jamais mentionnée 🙂

      3) Enfin pour Tertullien, ton propos est particulièrement intéressant car il confirme à mon avis ma position. En effet, pour résoudre la contradiction entre le texte (où l’on constate qu’un Père de l’Eglise contredit la Bible) et ton idée (celle que les Pères ne pouvaient pas contredire la Bible) tu es obligé d’inventer une situation historiquement impossible.
      C’est exactement la même démarche qu’adoptent les fondamentalistes pour « résoudre » les « contradictions apparentes ».

      Maintenant si le sujet du recensement de Quirinius t’intéresse, je pourrai te communiquer un article (académique cette fois) que je suis en train de préparer et tu comprendras pourquoi la solution que tu proposes n’est pas envisageable.

      En tout cas merci pour tes remarques, si tu en as d’autres, n’hésite pas !

  • Pingback: Jésus a-t-il existé ? Quelques preuves... - Islam & Vérité()