Financement participatif de Didascale

Aujourd’hui, je vous propose un article un peu particulier, puisqu’il concerne le fonctionnement de Didascale. Je lance en effet un projet de financement participatif sur lequel je réfléchis depuis plusieurs mois et que j’aimerais maintenant présenter. Mais avant cela, il faut un peu revenir sur l’histoire de Didascale.

La découverte de la recherche

Après mon baccalauréat, je suis entré à l’université dans le but de devenir professeur d’histoire-géographie. Cependant, au cours de ma licence, j’ai découvert, dans la bibliothèque universitaire, la collection « Sources Chrétiennes ». Cette découverte a eu de profondes conséquences dans ma vie, aussi bien professionnelle que spirituelle, puisqu’elle m’a donné envie de me lancer dans la recherche et c’est cette recherche qui a remis en question un certain nombre de choses auxquelles je croyais.

Mes premières désillusions et le lancement du blog

De manière un peu naïve, j’ai donc voulu partager ce que je découvrais avec d’autres personnes, mais je me suis très vite heurté à de l’indifférence, voire à de l’opposition. J’ai donc compris que tout le monde n’était pas forcément intéressé par ces réflexions et plutôt que d’embêter des gens qui n’avaient aucune volonté d’approfondir ces questions, je me suis dit que le mieux était de partager mes découvertes à travers un blog. Ainsi, les personnes intéressées pourront en profiter, tandis que les autres ne seront pas dérangées. J’ai donc commencé mon premier blog en septembre 2012, puis, sur la suggestion de plusieurs amis, j’ai aussi lancé une chaîne Youtube pour partager mes recherches en vidéo.

But de Didascale

Au départ, le public destinataire de mon blog était très restreint, je m’adressais essentiellement à des personnes de la même confession que moi. Cependant au fur et à mesure de mes travaux et de l’approfondissement de mes réflexions, j’ai diversifié les sujets et je pense aujourd’hui que les thèmes que j’aborde peuvent intéresser des personnes de toutes convictions.

A travers, tous ces partages mon but personnel est toujours d’apprendre à mieux connaître Dieu, et j’espère que d’autres lecteurs partagent aussi ce but, néanmoins je pense que même des personnes non-croyantes peuvent profiter de ce blog pour se former en histoire ou en sciences religieuses.

L’importance des langues étrangères

Au cours de mes études d’histoire, je me suis rendu compte de l’importance des langues. Je dois avouer que lorsque j’étais au collège et au lycée, je considérais que les langues étrangères étaient totalement inutiles et c’est seulement à l’université que j’ai pris conscience de mon erreur.

Après mes études d’histoire, j’envisage donc de poursuivre des études en langues. J’apprends actuellement le grec et l’hébreu, et je souhaiterais continuer avec au moins le latin et l’arabe, et éventuellement le syriaque et l’araméen. Ce sont des langues extrêmement utiles lorsque l’on s’intéresse aux sciences religieuses, car elles permettent d’accéder directement aux textes les plus importantes.

La nécessité d’un financement

Ayant donc ce projet en tête, j’ai cherché un moyen de pouvoir vivre de mon travail de recherche et d’enseignement, tout en étant à l’étranger, puisqu’il n’y a rien de mieux pour apprendre les langues. C’est d’ailleurs pour cette raison que je suis actuellement à Jérusalem.

Didascale commençant à se développer, je me suis dit qu’il était peut-être possible de concilier ces deux activités et finalement, à plus ou moins long terme, de vivre de ce travail. J’ai donc ensuite réfléchi à un mode de financement. Deux grandes options se présentaient. La première option, la plus simple, était de créer des formations et de les vendre. C’est une possibilité tout à fait légitime, mais qui personnellement ne me convenait pas pour deux raisons.

La première raison, très personnelle, c’est que j’ai eu le privilège de pouvoir faire des études gratuitement. Venant d’une famille avec des moyens financiers limités, j’ai eu une bourse du gouvernement français qui a permis de financer mes études d’histoire à l’université durant ma licence et mes deux masters (six ans en tout). Ayant eu l’opportunité d’étudier gratuitement, j’ai donc à cœur de partager librement le contenu de mes recherches.

La deuxième raison, c’est qu’il y a déjà de nombreux obstacles qui peuvent empêcher les personnes de s’intéresser à ces sujets, que je considère comme importants. Il ne me paraît donc pas opportun de rajouter une barrière financière qui pourrait gêner certaines personnes en recherche.

Cependant, je le répète, c’est une décision toute personnelle et je ne critique absolument pas ceux qui vendent des formations, car « tout travail mérite salaire. »

Financement participatif

J’ai donc opté pour la seconde option qui est le financement libre et participatif. Le but est de partager librement le contenu de mes recherches, tout en proposant aux personnes qui apprécient ce travail de le soutenir financièrement, sous la forme d’un « micro-don » mensuel (entre 2 et 5 euros par mois).

Individuellement, cette somme ne représente pas une dépense excessive, mais, prises collectivement, toutes ces contributions me permettraient largement de vivre de mes travaux de recherche et d’enseignement. Avant d’en venir aux modalités concrètes, j’aimerais évoquer un avantage supplémentaire de ce mode de financement.

Indépendance financière et liberté intellectuelle

Cette méthode de financement a aussi comme avantage de m’assurer une indépendance financière vis-à-vis des différentes institutions, religieuses notamment, et donc une liberté intellectuelle plus grande. C’est une leçon que j’ai tirée de mes études d’histoire, sur la crise moderniste notamment, mais aussi de mes rencontres personnelles.

En effet, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de discuter avec des personnes qui n’osaient pas exprimer publiquement leur opinion sur tel ou tel sujet à cause du poste institutionnel qu’elles occupaient. Personnellement, je ne pourrais pas vivre ainsi et, par ailleurs, je ne pense pas que cette forme d’auto-censure soit positive pour le progrès des connaissances.

Je ne suis donc pas contre le fait de travailler pour des institutions, religieuses ou laïcs, bien au contraire cela peut-être tout à fait stimulant. Toutefois, je suis aussi conscient du contrecoup que cela peut engendrer et je souhaiterais avoir une indépendance financière qui empêche tout moyen de pression.

Fonctionnement de Tipeee

Concrètement, j’ai donc décidé de créer une page « Tipeee ». Tipeee est une plateforme de financement participatif inaugurée en 2013. Il est très simple de s’y inscrire, l’inscription peut se faire via son compte Facebook, son compte Google ou par e-mail, et le site est entièrement sécurisé.

Il faut ensuite aller sur la page Didascale et sélectionner le montant que l’on souhaite donner. Par défaut, je propose 2 ou 5 euros par mois, mais il est possible de le personnaliser.

Je remercie d’avance tous ceux qui s’associeront à ce projet, sans oublier bien sûr ceux qui y participent déjà.

Version vidéo

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Mon parcours personnel

A propos David Vincent 295 Articles
Né en 1993, David Vincent est chrétien évangélique et doctorant en sciences religieuses à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (#GSRL). Ses recherches portent sur l’histoire de la théologie chrétienne et de l’exégèse biblique, les rapports entre théologie et savoirs profanes, et l’historiographie confessionnelle. Il est membre de l’association Science&Foi et partage ses travaux sur son blog et sa chaîne Youtube.