Jean le Baptiste, précurseur du Messie

La royauté davidique est tombée et le pouvoir politique est aux mains des étranger, Israël attendait son Messie. Avant cette venue, il était cependant nécessaire qu’Elie le précède, : « Voici, je vous enverrai Elie, le prophète, avant que le jour de l’Eternel arrive, ce jour grand et redoutable. » (Malachie 4 : 5). Cet Elie est Jean le Baptiste, comme Jésus l’a lui-même expliqué à ses disciples (Marc 9 : 13).

Jean le Baptiste

Sa naissance

Jean le Baptiste est considéré comme le dernier et le plus grand prophète de l’Ancienne Alliance. Cet honneur n’est pas spécialement du à des manifestations surnaturelles extraordinaire, la Bible ne le crédite d’aucun miracle, mais plutôt à sa place, puisqu’il est le précurseur de Jésus, dont il est aussi un cousin. Jean est né quelques mois avant Jésus, de façon miraculeuse, car sa mère, Elisabeth, était stérile.

Son ministère

Après avoir passé son enfance à l’écart, dans le désert, il commença à prêcher aux foules à l’âge adulte, incitant les gens à se repentir afin d’être prêts à accueillir le Messie qui allait venir:

 « Et Jean alla dans tout le pays des environs du Jourdain, prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés, selon ce qui est écrit dans le livre des paroles d’Esaïe, le prophète: C’est la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses sentiers. Toute vallée sera comblée, Toute montagne et toute colline seront abaissées ; Ce qui est tortueux sera redressé, Et les chemins raboteux seront aplanis. Et toute chair verra le salut de Dieu. Il disait donc à ceux qui venaient en foule pour être baptisés par lui : Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? Produisez donc des fruits dignes de la repentance, et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que de ces pierres Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà même la cognée est mise à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. La foule l’interrogeait, disant : Que devons-nous donc faire ? Il leur répondit : Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même. Il vint aussi des publicains pour être baptisés, et ils lui dirent : Maître, que devons-nous faire ? Il leur répondit : N’exigez rien au delà de ce qui vous a été ordonné. Des soldats aussi lui demandèrent : Et nous, que devons-nous faire ? Il leur répondit: Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et contentez-vous de votre solde. » (Luc 3 : 3-14)

 Ce qui m’a toujours interpellé dans ce message, c’est avant tout sa simplicité. Jean ne cherche pas à bâtir de grandes théories ou à fixer des objectifs irréalisables, mais il propose avant tout des solutions concrètes, pratiques, au cas par cas.

Par ailleurs, il est important de noter qu’il ne condamne aucune activité, pas même certains métiers que l’on pourrait juger infamant, comme « publicain » ou « soldat ». Bien entendu, il n’est pas question de tous les métiers. Certains métiers, comme prostitué(s), sont clairement incompatibles avec la foi en Dieu. Toutefois, au-delà de ces exceptions, l’attitude de Jean nous amène à réfléchir sur notre propre comportement.

Homme de Dieu et service divin

On entend souvent l’expression « homme de Dieu » ou « servir à Dieu à plein temps » pour désigner des personnes engagées dans un « ministère » à plein temps. Toutefois, sans critiquer cette possibilité, il me semble que c’est un abus de langage.

En effet, être un homme de Dieu, ce n’est pas forcément exercer un ministère à plein temps, mais agir selon la volonté de Dieu, là où Il nous a placés. Jean ne dit pas aux soldats ou aux publicains de quitter leur métier, mais de l’exercer d’une manière convenable.

Dieu a distribué à chacun des dons et des qualités en vue de l’exercice de telle ou telle profession. Servir Dieu, c’est donc avant tout être à la place que Dieu nous a assignée dans son plan. Je reviendrai sur cette question en évoquant le rôle de l’Eglise.

 Sa fin

Pour terminer, disons un bref mot sur sa fin. A cause de son intégrité, Jean eut quelques problèmes avec les autorités :

 « Mais Hérode le tétrarque, étant repris par Jean au sujet d’Hérodias, femme de son frère, et pour toutes les mauvaises actions qu’il avait commises, ajouta encore à toutes les autres celle d’enfermer Jean dans la prison. » Luc 3 : 19-20

Qui finirent par lui coûter la vie :

« La fille d’Hérodias entra dans la salle ; elle dansa, et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. Il ajouta avec serment : Ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume. Etant sortie, elle dit à sa mère : Que demanderai-je ? Et sa mère répondit : La tête de Jean Baptiste. Elle s’empressa de rentrer aussitôt vers le roi, et lui fit cette demande : Je veux que tu me donnes à l’instant, sur un plat, la tête de Jean Baptiste. Le roi fut attristé ; mais, à cause de ses serments et des convives, il ne voulut pas lui faire un refus. Il envoya sur-le-champ un garde, avec ordre d’apporter la tête de Jean Baptiste. Le garde alla décapiter Jean dans la prison, et apporta la tête sur un plat. Il la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. » (Marc 6 : 22-28)

Conclusion 

Ce témoignage est aussi confirmé par Flavius Josèphe, preuve que Jean le Baptiste était déjà assez connu de son vivant. La mort de Jean le Baptiste, bien qu’elle ait pu attrister ses disciples, était néanmoins un signe prophétique nécessaire qui accomplissait les propres paroles de Jean. En parlant de Jésus, Jean avait en effet dit : « Il faut qu’il croisse [Jésus], et que je diminue. » (Jean 3 :20). La diminution de Jean le Baptiste est allée jusqu’à sa mort qui marque la fin de son ministère, afin de laisser place à un autre ministère : celui de Jésus.

Cette mort est aussi un signe pour tous les croyants. En effet, chaque chrétien peut reprendre les paroles de Jean et dire : « Il faut qu’il croisse [Jésus], et que je diminue. » (Jean 3 :20). De la même façon, il est nécessaire de mourir pour laisser Christ vivre.

 

 

A propos David Vincent 285 Articles
Né en 1993, David Vincent est chrétien évangélique et doctorant en sciences religieuses à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (#GSRL). Ses recherches portent sur l’histoire de la théologie chrétienne et de l’exégèse biblique, les rapports entre théologie et savoirs profanes, et l’historiographie confessionnelle. Il est membre de l’association Science&Foi et partage ses travaux sur son blog et sa chaîne Youtube.