Jésus de Nazareth : Essence divine et nature humaine

La position que j’exposerai dans cet article est une variante du kénotisme, qui était une doctrine populaire dans les milieux évangéliques au XIXe siècle et a notamment été défendue par Frédéric Godet (1812-1900), qui était probablement le plus grand exégète évangélique de ce siècle. Cette doctrine est moins connue au XXe siècle, car elle a été rudement combattue par les théologiens calvinistes.

Toutefois, un examen minutieux des textes bibliques m’a conduit à la conviction que cette position kénotiste est bien plus fidèle aux Ecritures que la doctrine affirmée par le concile de Chalcédoine (451) et j’aimerais dans cet article vous exposer cela le plus clairement possible en insistant sur trois moments :

  • Avant l’incarnation
  • L’Incarnation
  • Après l’incarnation

Ainsi, si je devais définir la « nature » de Jésus, je dirais qu’il était d’essence divine mais de nature humaine. Contrairement aux partisans de Chalcédoine, qui affirment que Jésus était entièrement homme et entièrement Dieu, je ne mets donc pas sa divinité et son humanité au même niveau.

Je dis qu’il est d’essence divine, car Jésus n’est pas une créature comme nous, mais il est directement issu de Dieu. Toutefois, au moment de son incarnation, tout en conservant son identité divine (qui ne peut pas changer), il s’est dépouillé de tous ses attributs divins. Concrètement, cela signifie que sur Terre, Jésus a vécu pleinement et uniquement comme un homme.

Enfin, je montrerai en conclusion que cette doctrine n’est pas une simple réflexion intellectuelle mais qu’elle est importante pour notre salut et pour notre vie de croyant : si Jésus n’avait pas agi uniquement en tant qu’homme, il ne pourrait pas être notre modèle.

La préexistence divine de Jésus

Jésus n’est pas une créature comme nous, mais il préexistait auprès du Père. Voici quelques versets qui le montrent.

Les versets affirmant sa pré-existence et son origine divine

Le texte le plus connu est bien sûr le prologue de Jean :

« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle.  »

Mais on peut aussi citer d’autres textes :

« Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis. » Jean 8 : 58

« Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût. » Jean 17 : 5

Nous verrons que les versets affirmant son incarnation confirment aussi ces propos.

Les prophéties de l’Ancien Testament appliquées à Jésus

Une deuxième preuve peut être avancée : l’usage que font les auteurs du Nouveau Testament des prophéties de l’Ancien Testament qu’ils appliquent à Jésus et qui, par conséquent, conduisent à identifier Jésus et YHWH.

Je donnerai pour cela un exemple. Matthieu commente la trahison de Juda, qui vient de vendre Jésus pour trente pièces d’argent, et affirme que cet acte accompli une prophétie de l’Ancien Testament :

« Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie le prophète : Ils ont pris les trente pièces d’argent, la valeur de celui qui a été estimé, qu’on a estimé de la part des enfants d’Israël »

Or si on se réfère au texte d’origine, on voit que cette prophétie s’applique à YHWH :

« YHWH me dit: Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel ils m’ont estimé! Et je pris les trente sicles d’argent, et je les jetai dans la maison de l’Éternel, pour le potier. » Zacharie 11 : 13

Si les kénotistes (position que je défends) et les chalcédonistes sont d’accord pour affirmer que Jésus est issu de Dieu, leurs avis divergent concernant la définition de l’incarnation et par conséquent ses effets sur la personne de Jésus.

La kénose du Logos

Les chalcédonistes considèrent que l’incarnation a été un ajout, puisque la Parole de Dieu en venant sur Terre a conservé sa nature divine tout en recevant une nature humaine.

Je pense au contraire que l’incarnation a été un dépouillement, puisque le Logos, sans perdre son identité, a renoncé à ses attributs divins. Avant de voir les textes du Nouveau Testament qui affirment explicitement cela, il est toujours intéressant de se demander s’il existe d’autres parallèles dans la Bible, et la réponse est oui.

Le dépouillement de Nabuchadonosor

Il me semble que c’est l’histoire du roi de Babylone, Nabuchadonosor, qui fournit la meilleure analogie avec l’interprétation kénotiste de l’incarnation. Cette histoire nous est rapportée dans le quatrième chapitre du livre de Daniel.

Nabuchadonosor était un roi très orgueilleux. A cause de cet orgueil, il fut puni par Dieu qui lui ôta la raison humaine. Le roi de Babylone vécut donc, pendant un certain temps, comme un animal. Il est important de souligner que son identité n’avait pas changé et qu’il était toujours le roi de Babylone. Mais durant cette période de dépouillement, il ne possédait plus ses facultés humaines et se comportait seulement comme un animal.

Je pense que c’est exactement ce qu’a connu Jésus. Durant son abaissement, son identité divine n’a pas changé, mais il ne possédait plus ses facultés divines et a dû vivre sur Terre uniquement comme un homme.

L’enseignement de la kénose dans le Nouveau Testament

Le verset qui enseigne le plus explicitement ce dépouillement (kénose) est Philippiens 2 : 5-8 :

« Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé (kénose) lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. »

C’est d’ailleurs de ce passage que vient le terme de « kénotisme », puisque kénose est le verbe grec utilisé par Paul et traduit dans nos version par « dépouillé ».

Nous voyons que ce verset affirme en même temps la préexistence divine de Jésus et son dépouillement au moment de l’incarnation. D’autres passages viennent confirmer cette interprétation :

« Tu l’as abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, tu l’as couronné de gloire et d’honneur, Tu as mis toutes choses sous ses pieds. En effet, en lui soumettant toutes choses, Dieu n’a rien laissé qui ne lui fût soumis. Cependant, nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises. Mais celui qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de la mort qu’il a soufferte, afin que, par la grâce de Dieu, il souffrît la mort pour tous. » Hébreux 2 : 7-9

« Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis. » 2 Corinthiens 8 : 9

Le verset de Corinthiens parle bien d’une perte. Or dans la doctrine chalcédoniste, il n’y a aucune perte, aucun dépouillement. Tout au plus Jésus cache sa gloire. Jésus ne se serait donc pas fait pauvre, mais seulement déguisé en pauvre.

Mais surtout le texte d’Hébreux affirme qu’il a été abaissé au-dessous des anges. Si Jésus avait conservé sa nature divine, comment l’auteur inspiré aurait-il pu affirmer qu’il avait été abaissé au-dessous des anges ? Cela n’aurait aucun sens. Là encore, nous voyons que ce passage appuie nettement l’idée d’un dépouillement : La Parole de Dieu, en venant sur Terre, a renoncé à ses attributs divins.

Jésus Essence Nature 2

Jésus sur Terre : pleinement et uniquement homme

Dans cette dernière partie, nous verrons que tout au long de son ministère et jusqu’à sa mort sur la croix, Jésus a toujours été pleinement et uniquement homme.

Jésus a vécu comme un homme

Jésus a partagé la condition humaine, il a grandi et a ressenti toutes nos émotions humaines, y compris l’angoisse :

« Or, l’enfant croissait et se fortifiait. Il était rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. (…) Et Jésus croissait en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes. » Luc 2 : 40-52

« Après être sorti, il alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers. Ses disciples le suivirent. Lorsqu’il fut arrivé dans ce lieu, il leur dit: Priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation. Puis il s’éloigna d’eux à la distance d’environ un jet de pierre, et, s’étant mis à genoux, il pria, disant: Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier. Étant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre. » Luc 22 : 39-44

On voit bien que de tels passages sont inapplicables à un Dieu-Homme. Si Jésus avait conservé sa nature divine, il n’aurait jamais pu croître en sagesse, ni ressentir de l’angoisse.

Jésus s’est présenté comme un homme

Jésus lui-même s’est clairement présenté comme un homme, aussi bien à la foule qu’à ses disciples. Aussi bien durant son ministère :

« Mais Jésus leur dit: Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison. » Marc 6 : 4

« Jésus lui dit: Pourquoi m’appelles-tu bon? Il n’y a de bon que Dieu seul. » Marc 10 : 18

 Qu’après sa résurrection et juste avant son ascension :

« Jésus lui dit: Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Jean 20 : 17

Le parallèle est ici particulièrement fort : mon Père/ votre Père et mon Dieu/votre Dieu. Jésus ne revendique aucun statut particulier par rapport à ceux qu’il appelle ses frères.

« Mais il a dit au Fils: Ton trône, ô Dieu est éternel; le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité; tu as aimé la justice, et tu as haï l’iniquité; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes égaux. » Hébreux 1 : 8-9

Les disciples ont reconnu et annoncé un homme

Jésus s’est présenté comme un homme et c’est comme un homme que ses disciples l’ont perçu. Ainsi, juste après sa résurrection, Jésus rencontre deux de ses disciples, qui ne le reconnaissent pas tout de suite, et qui lui racontent ce qui vient de se produire (la crucifixion de Jésus) :

« L’un des disciples, nommé Cléopas, dit à Jésus (Ndl : Cléopas n’a pas encore reconnu que l’homme à qui il parle est Jésus) : Es-tu le seul qui, séjournant à Jérusalem ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours-ci?

– Quoi? Jésus demande-t-il.

-Et ils lui répondirent: Ce qui est arrivé au sujet de Jésus de Nazareth, qui était un prophète puissant en oeuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, et comment les principaux sacrificateurs et nos magistrats l’on livré pour le faire condamner à mort et l’ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël; mais avec tout cela, voici le troisième jour que ces choses se sont passées. Il est vrai que quelques femmes d’entre nous nous ont fort étonnés; s’étant rendues de grand matin au sépulcre et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leurs sont apparus et ont annoncé qu’il est vivant.  Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit; mais lui, ils ne l’ont point vu. » Luc 24 : 18-24

Après l’ascension (la montée de Jésus au ciel), ses disciples commencent à prêcher aux foules. Le premier discours connu est celui de Pierre qui résume l’Evangile ainsi :

« Hommes Israélites, écoutez ces paroles! Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu’Il a opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes; cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez crucifié, vous l’avez fait mourir par la main des impies. Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle. » Actes 2 : 22-24

Là encore, nous constatons que c’est bien Jésus homme qui est prêché. Nulle trace d’un Dieu-Homme ou d’un Homme-Dieu.

C’est en tant qu’homme qu’il a accompli l’œuvre du salut

Si les disciples insistent tant sur l’humanité de Jésus, c’est bien parce que celui-ci a accompli toute l’œuvre du salut en tant qu’homme, et uniquement en tant qu’homme. C’est ce point qui dérange le plus les théologiens calvinistes. Pourtant les propos de l’apôtre Paul, nous fournissent une preuve irréfutable :

« Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir, parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’Il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts… » Actes 17 : 30-31

« Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus Christ homme » 1 Timothée 2 : 5

Paul nous dit que c’est en tant qu’homme que Jésus est médiateur et juge. Or ces deux fonctions découlent de son œuvre sur la croix. C’est parce que Jésus est mort pour nous sur la croix, qu’il peut être notre médiateur et notre juge.

Si Jésus avait accompli l’œuvre de la croix en tant que Dieu-Homme, alors c’est Jésus-Christ Dieu-Homme qui serait notre médiateur et notre juge. Mais l’apôtre Paul dit explicitement le contraire. Non seulement, il ne parle jamais du Dieu-Homme, mais il ne dit même pas simplement Jésus-Christ, ce qui laisserait subsister une certaine ambiguïté. Non, il prend soin de préciser Jésus-Christ homme. Pourquoi une telle précision ? Justement pour ne laisser aucun doute possible : c’est uniquement en tant qu’homme que Jésus a accompli l’œuvre du salut.

Cela est d’ailleurs parfaitement logique et cohérent avec le reste de la doctrine. Puisque le péché est survenu à cause d’un homme, et non d’un Dieu-homme, il était nécessaire que ce soit un homme, et non un Dieu-Homme, qui le répare :

«  C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché, (…) car, si par l’offense d’un seul il en est beaucoup qui sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don de la grâce venant d’un seul homme, Jésus Christ, ont-ils été abondamment répandus sur beaucoup. » Romains 5 : 12-15

Conclusion : l’importance de cette doctrine dans la vie du croyant

En conclusion, nous pouvons dire que Jésus devait être pleinement et uniquement humain pour nous servir de modèle à nous les hommes :

« En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple; car, ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés. » Hébreux 2 : 17-18

Si Jésus n’avait pas été uniquement un homme, nous ne pourrions pas lui obéir. Jésus se présente lui-même et est présenté par ses disciples comme notre modèle.

Si Jésus avait agi en tant que Dieu-Homme, comme l’enseignent les chalcédonistes, comment pourrait-il nous servir d’exemple à nous qui ne sommes que des hommes ?

« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père » Jean 14 : 12

« Et c’est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces » 1 Pierre 2 : 21

A propos David Vincent 209 Articles
Né en 1993, David Vincent est chrétien évangélique doctorant en sciences religieuses à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Ses recherches portent sur l’histoire de la théologie chrétienne et de l’exégèse biblique, les rapports entre théologie et savoirs profanes, et l’historiographie confessionnelle. Il est membre de l’association Science&Foi et partage ses travaux sur son blog et sa chaîne Youtube.
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  • marc laugt

    C’est à cette théorie que je suis arrivé naturellement sans réfléchir en lisant la bible. Tu as oublié un passage clé qui montre de manière évidente qu’il a laissé sa nature-attribut divine : c’est celui où il est dit que le Fils ne connait pas l’heure ni le moment, mais que c’est le Père seul le sait. ça montre de manière évidente qu’il n’avait pas l’omniscience. Quand les disciples lui disent Seigneur tu connais toute choses, c’est par l’Esprit qu’il connait toute choses, et pourtant des choses lui était caché.

    On peut dire par le mot essence qu’il avait le cœur de Dieu, et tout ce qui va avec.

    C’est bien que tu dises par contraste : l’incarnation a été au contraire un dépouillement et non un ajout. Mais en fait c’est faux, ça a été un dépouillement et puis après un ajout : Il s’est dépouillé de sa nature divine mais après il a revêtu également celle de l’humanité non pécheur, donc il y a eu d’abord un grand dépouillement mais après il y a eu quand même un ajout dans certains domaines, d’où l’incarnation.

    Il y a quelques jours je me suis posé une question bizarre mais je n’ai pas encore réfléchie pour savoir si c’était juste ou pas : Certes quand Jésus était sur Terre, les miracles, il les a fait par l’Esprit, et à chaque fois il a dit qu’il ne parlait pas de Lui même mais ça venait de Dieu. Alors là on peut dire que là c’est parce qu’il avait la nature humaine, mais question : depuis qu’il est au ciel, comment réagit il, Est-ce qu’il fonctionnement par lui-même, ou comme par un principe similaire, mais pour un but et une cause différente, il agit toujours de la même façon : quand il fait un miracle (s’il en fait), il le fait par l’esprit et de même quand il parle c’est par l’Esprit et du Père qu’il parle ? Alors par effet miroir on a tout de suite envie de dire non parce que si nous on était dans la même situation, on voudrait notre indépendance et on agirait par nous même. Mais quand est il ? Quand on regarde l’Esprit, lui est censé avoir la nature divine, et pourtant il est écrit de lui qu’il ne parle pas de lui même mais il parle par le Père ou Jésus. Pour les actes, il n’est rien écrit dessus, mais pourtant on peut se poser la question s’il le fait de lui même ou s’il le fait par le Père et par Jésus. Quand Jésus faisait un miracle, certes c’est par l’Esprit qu’il le faisait, mais il est également dit que c’est le Père qui faisait les œuvres. Alors certes, puisque l’Esprit et le Père ne font en faite qu’Un alors on peut dire dans un sens que c’est le Père qui a fait les œuvres même si c’est l’Esprit. Par contre si l’Esprit ne l’a pas fait de son propre fond mais l’a fait par le Père, alors c’est littéralement que c’est le Père qui a fait les œuvres par l’Esprit par Jésus (ou un prophète). De même on peut dire que Jésus (ou un prophète) a fait les œuvres par l’Esprit par le Père. ça change complètement la manière dont on voit Dieu et notre relation avec Lui, et ce qu’on doit être. Reste à en connaitre la raison si c’est vrai. Mais il me semble que ça cadre davantage avec beaucoup d’écritures.

    Si inextricablement c’est vrai, alors ce n’est pas obligé qu’il ai perdu sa nature divine ou toute sa nature quand il est venu sur Terre, il a pu en garder une partie, parce que là les deux peuvent demeurer…

    • Merci Marc pour tes réflexions.
      Je pense que la question que tu soulèves touche au problème de la Trinité. Je comptais justement publier en 2016 une série d’articles sur ce sujet.

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  • Sylvain Frei

    Bravo !

    Je me bas pour défendre cette idée mais je n’avais jamais lu un tel raisonnement !

    Plus je vous découvre, plus je vous aime ! Enfin, j’aime votre raisonnement !

    Je crois que, comme moi, vous n’avez pas une base de théologien, mais vous construisez sur une feuille blanche, sans influence aucune !

    Je vous mets, cependant, deux éléments que vous n’avez pas mentionnés !

    Premièrement :

    Quand il est écrit que l’homme a été créé à l’image de Dieu, personne ne fait le lien avec l’incarnation !

    On pourrait même rappeler que le plan du salut a été conçu avant la fondation du monde (1 Pierre 1:19)

    On pourrait conclure que, pour que Jésus puisse s’incarner pour accomplir sa mission, il fallait que l’homme soit créé à l’image de Dieu !

    Sinon, son incarnation pour sa mission (éliminer le péché de l’univers et justifier son Père face aux accusations du Diable) n’aurait pas été possible !

    Je n’ai encore vu aucun écrit faisant le lien entre « l’incarnation de Jésus » et « l’homme à l’image de Dieu » !

    Deuxièmement :

    Je ne vois personne, non plus, faire le rapport entre « l’incarnation » et la « résurrection » !

    Lorsqu’un homme meurt puis ressuscite, c’est le même individu (la même personne) qui d’un corps mortel passe à un corps incorruptible
    (1 Corinthiens 15:42 Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Le corps est semé corruptible ; il ressuscite incorruptible)

    Lors de l’incarnation, ce phénomène est juste utilisé dans le sens contraire !

    Jésus Dieu passe de sa stature divine à une nature mortelle (la mienne)
    Philippiens 2:6 lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme,

    Les principes de l’une s’appliquent à l’autre !

    Une fois que vous considérez ces deux éléments, la plupart des discussions deviennent totalement inutiles !

    Bonne continuation !

    Où puis-je avoir une table des matières de vos écrits que je dévore avec délectation (quand je les trouve) !

    Puis-je avoir votre mail ?

  • Miguel Morin

    Bonjour David,

    Le texte me laisse un peu perplexe. Si l’on prend la distinction classique entre l’essence et la nature (la nature ajoute de considérer le principe de l’activité d’un être à la notion d’essence), alors comment peux-tu arriver à la conclusion que Jésus n’avait que l’essence divine, alors que Jésus agit en fonction de sa nature divine dans les Évangile, comme lorsqu’il fait des miracles par exemple ?

    • Bonjour Miguel,

      Oui je pense que nous n’avons peut-être pas la même définition de l’essence.

      Pour ce qui est des miracles, j’aborde la question dans l’article suivant :
      http://didascale.com/homme-dechu-ou-homme-nouveau-quel-est-notre-modele/

      Jésus ne fait pas ses miracles en tant que Dieu, mais en tant qu’homme.

      A bientôt,

    • Bonjour Miguel,
      Je ne sais pas pourquoi, ma réponse n’est apparement pas passée.
      J’évoque justement les miracles dans l’article suivant.
      La Bible affirme clairement que les miracles ne sont pas dus à la nature divine de Jésus, mais à l’action du Père au travers lui.

  • MYSTILLE René

    Bonjour,

    C’est par un hasard miraculeux que j’ai découvert votre blog.

    Curieusement en effet, le mot « didascalia» ( je dis bien « didascalia », avec un « a », me trottait dans la tête depuis plusieurs semaines. En effectuant des recherches sur un sujet biblique, je suis donc tombé sur « Didascale, David Vincent ». Je précise que suis âgé de 62 ans, et j’ai connu par le passé un feuilleton TV dont le héros était votre homonyme.

    J’étais sur le point de zapper, avant de me rendre compte que votre blog traitait de christianisme et pas d’extraterrestres malveillants.

    Concernant le sujet évoqué, je voudrais apporter mon point de vue, mais celui-ci ne saurait faire l’économie d’une présentation de mon histoire personnelle:

    J’ai été élevé hors de la foi, mon père étant fortement anticlérical et opposé à toute sorte d’endoctrinement d’enfants. Je n’ai donc reçu que le baptême des nourrissons, sans plus, donc pas de première communion, voire de communion solennelle. Le crédo de mon père était le suivant: « Quand mes enfants seront suffisamment éveillés intellectuellement, ils choisiront d’eux-mêmes leur religion », ce qui fut fait pour moi à l’âge de 27 ans, âge auquel j’ai croisé la route de personnes de confession évangélique qui m’ont conduit vers Christ. Je suis donc devenu un chrétien évangélique pratiquant et confessant.

    Au bout de cinq années, j’ai quitté ces milieux évangéliques, mes expériences dans la foi ne cadrant pas du tout avec celles de mes réalités quotidiennes. J’ai eu plus tard une expérience que j’estime avoir été décisive dans ma vie spirituelle, celle d’une rencontre fortuite (?..?), avec un ancien pasteur baptiste de l’Alabama aux USA, devenu orthodoxe. J’avais toujours entendu parler de catholiques qui deviennent évangéliques, mais je n’avais jamais eu l’opportunité de croiser quelqu’un dont le cheminement va dans le sens à peu près contraire (dans les faits, ils sont pléthore dans ce cas, mais cela, je l’ignorais…)

    Nous avons longuement échangé, et c’est suite à ces échanges qu’il m’a été donné d’avoir accès à un certain nombre d’éléments qui ont complètement bouleversé ma vision des choses. Je connaissais déjà Claude Tresmontant, à travers son ouvrage majeur « Le Christ Hébreu », dans lequel il fait la démonstration linguistique de la réalité d’un sous-bassement hébreu dans les quatre évangiles. J’ai découvert ses autres études, et j’avoue qu’il m’a convaincu, même si je n’adhère pas à tout ce qu’il dit. J’ai découvert aussi les travaux de l’abbé Jean Carmignac et de Madame Jacqueline Génot-Bismuth, qui vont aussi dans le sens d’une re-visitation de l’évangile de Jean, qui est, selon elle, du reportage sur le vif, et non pas quelque récit dont le caractère tardif lui ôterait toute espèce de crédibilité. Je précise que Madame Génot-Bismuth était de confession juive, donc n’adhérant pas au christianisme. Elle a donc fait preuve d’honnêteté intellectuelle.

    Aujourd’hui, je me défini comme une chrétien professant.

    Je suis a-millénariste, c’est-à-dire que je crois pas en un règne de mille ans « à venir ». Je crois donc que Satan a été lié à la croix de Golgotha et que le règne de mille ans est en cours. J’ai déjà vu de nombreux bras monter au ciel face à de telles assertions, mais je maintiens le cap. Satan est lié uniquement pour ne pas empêcher la croissance et le développement de l’église. Ce n’est pas moi, mais le Seigneur, qui, quelques jours avant avant sa mort dit que le jugement du prince de ce monde est arrivé « maintenant », et qu’il sera jeté dehors (Jean 12, verset 31). L’auteur de l’épitre aux hébreux dit que « par sa mort, il a anéanti celui qui a la puissance de la mort » (Hébreux 2 verset 14). Plusieurs passages du nouveau testament disent que Jésus s’est assis à la droite de Dieu après son ascension, ce qui renvoie au psaume 110. « Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. L’Eternel étendra de Sion le sceptre de ta puissance: Domine au milieu de tes ennemis! ».

    Chaque mot a son importance: «Sceptre », « Puissance » « Domination » « Ennemis »

    Le sceptre est un signe de royauté, et lorsqu’on a un sceptre, c’est qu’on est chef ou roi, et lorsqu’on est roi, on règne. La puissance accompagne le règne en même temps que la domination. Seulement, il ne s’agit pas d’un règne de paix, puisqu’il y a des ennemis. « La loi et les prophètes ont subsisté jusqu’à Jean-Baptiste jusqu’à présent, le Royaume de Dieu est malmené, et les violents le saccagent » (Mathieu chapitre 11 verset 12, Bible pastorale des moines de Maredsous)

    Ces ennemis seront tour à tour vaincus, le dernier d’entre-eux à l’être sera la mort (1 corinthiens 15)

    Les cieux et la terre seront détruits à l’avènement de Jésus comme l’indique très clairement l’apôtre Pierre ( 2 Pierre chapitre 3 et surtout le verset 10).

    Je ne crois pas en la doctrine de l’enlèvement de l’église, telle qu’elle est abusivement conçue dans certains milieux évangéliques.

    Je ne crois pas en la théologie évangélique du salut, selon laquelle une fois qu’un individu a « accepté » Jésus, il est sauvé.

    La question du salut n’est pas une question juridique, ni même morale, c’est une question d’être.

    Devenir participant de la nature divine ne peut pas se comprendre comme étant une action passive où Dieu nous accorde la grâce un peu comme les anciens présidents de la république française pouvaient la dispenser aux condamnés à morts. Elle suppose parallèlement une croissance spirituelle indispensable au salut (parabole des talents, seconde épitre de Pierre, chapitre 1, verset 8, entre autres)

    Je ne crois pas que la Bible s’interprète par elle-même (sinon, comment expliquer une telle multiplicité de sectes, églises et mouvements religieux chrétiens qui se prétendent tous du « sola scriptura » (entre 5 000 et 33 000 selon les estimations…)

    Je dénonce avec force l’évangile sioniste qui demande un soutien inconditionnel à l’état moderne d’Israël. En un mot, je ne suis pas « ami d’Israël » selon la formule consacrée, car le dire c’est se diriger vers une pente extrêmement dangereuse qui conduit tout droit à la désintégration de l’évangile.

    Concernant le sujet évoqué, la kénose…

    Je ne crois pas que Jésus ait pu avoir une existence consciente avant de naître sur terre. Je ne crois pas en l’incarnation au sens où on l’entend généralement. En effet, si on admet que Jésus ait été un individu vivant auprès du Père, étant égal à ce dernier, avant d’être envoyé sur terre, on sort automatiquement du monothéisme.

    La parole de Dieu, c’est Dieu lui même qui parle et qui cause. Si je dis à un ami: « Bonjour, comment vas-tu? », ma parole et moi ne font qu’un. Même chose pour Dieu, sinon, il faudrait admettre que Dieu est muet, et qu’il se sert, pour communiquer, d’un petit personnage porte-parole qui est appelé « la parole de Dieu ». D’ailleurs, sauf erreur de ma part, jamais les écritures de l ‘ancien testament n’appellent la parole de Dieu « Fils de Dieu ».

    Concernant ce qu’on appelle à tort « l’incarnation », il s’agit là aussi d’une absurdité. Dieu lui même (ou la parole de Dieu) viendrait-il habiter de la viande inanimée? Il ne s’agit pas d’une incarnation, mais d’une union, sans confusion. Il y a deux volontés en Christ (non ma volonté, mais la tienne, dit Jésus). Dieu ne s’exile pas, il ne part pas en voyage, il n’y a chez lui ni changement, ni ombre de variation.

    Le projet de Dieu en Jésus-Christ est élaboré de toute éternité, bien avant la création de l’homme (Voir Michée, chapitre 5). Jésus n’est pas un plombier envoyé de toute urgence, et en désespoir de cause, pour réparer une casse. Jésus n’est pas un « plan B ».

    Cela implique forcément que même si l’homme n’avait pas péché, le Christ serait quand même venu, en son temps, ce qui à son tour implique que la création n’a pas été parfaite, car telle était la volonté de Dieu. La souffrance est, par exemple, envisagée avant toute « chute ».

    Concernant les conséquences de cette faute, Dieu dit à Eve qu’il va « multiplier » les souffrances occasionnées par l’accouchement. Mathématiquement parlant, on peut toujours multiplier zéro par un million, mais le résultat sera toujours zéro. Pour obtenir un résultat supérieur à zéro, il faut que le multiplicande soit lui aussi supérieur à zéro. La souffrance était donc inévitable avant la tentation et la chute.

    Jésus est donc une finalité, l’homme nouveau, premier né d’une humanité nouvelle, fils de Dieu. Moi, en tant qu’individu, j’ai eu un père et une mère, mais cela n’implique pas que j’ai vécu dans les cieux ou en un ailleurs avant de naître (je ne crois pas aux doctrines réincarnationnistes…)

    Le fameux verset extrait de l’épitre aux Philippiens est, à mon sens, abusivement utilisé pour justifier la préexistence de Jésus: je fais en effet remarquer que, grammaticalement parlant, le sujet de la proposition dans la phrase de Paul n’est pas Dieu, ni le logos, mais le Christ.

    Ce que moi je comprends dans ce verset, c’est que en tant qu’individu vivant sur terre, Jésus avait tous les attributs de Dieu, sans pour autant les utiliser à leur pleine mesure (un peu comme une Ferrari pouvant aller à 400 km à l’heure, mais conduite volontairement à 15 Km.

    Si Jésus existait en tant que Dieu avant sa prétendue incarnation, comment alors expliquer la suite des propos de Paul dans ce même passage aux philippiens : «Il n’a point regardé son égalité avec Dieu comme une proie à arracher, mais il s’est dépouillé lui même, prenant une forme de serviteur. C’est pourquoi (à cause de cela…) Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné un nom au-dessus de tout nom.. »

    Question: Jésus serait-il monté en grade, aurait-il bénéficié d’une promo?

    Il n’y a que deux réponses possibles: ou bien il est effectivement monté en grade, donc il disposait d’un statut inférieur avant sa venue et cela fera la joie des Témoins de Jéhovah, ou bien il n’existait pas en tant qu’individu conscient et qu’il est devenu supérieur à tous.

    Les autres passages qui sont utilisés pour justifier la préexistence de Jésus le sont parfois de manière abusive, comme par exemple Jean chapitre 8, verset 59 (Avant qu’Abraham fut, Je Suis..)

    J’observe en effet que Jésus s’est toujours distingué de son Père, qu’il prie et qu’il supplie. Affirmer que Jésus s’attribuerait dans ce passage l’attribut du Créateur et de son nom tel qu’il est décliné dans le livre de l’Exode relève de l’affabulation. Je note que dans le chapitre 9 de l’évangile de Jean, au verset 9, la même expression grecque « ego eimi » est utilisée, mais elle n’est pas traduite par « Je suis » dans la version Segond et dans toutes les versions que j’ai lues. Est-ce honnête intellectuellement?

    Mais il se peut que ma méconnaissance du grec me fasse dire des bêtises.

    Il existe d’autres passages utilisés pour justifier la préexistence de Christ (notamment Jean Chapitre 17, verset 5. Des éléments de réponse peuvent être apportés, mais j’ai été suffisamment long.

    Amitiés à tous