La Loi de Moïse

Nous avions vu dans l’article précédent que la famille de Jacob était arrivée en Egypte. Si le pharaon de l’époque les avait accueillis favorablement, les choses ont très vite changé et les Israélites sont devenus, quelques décennies plus tard, des esclaves maltraités par les Egyptiens.

Le Dieu de délivrance

Cette épreuve douloureuse était néanmoins nécessaire pour que le peuple d’Israël reconnaisse la puissance de Dieu. C’est en effet Lui qui va les délivrer de l’Egypte.

 Une nouvelle révélation

Pour cette délivrance, l’Eternel choisit à nouveau un homme : Moïse. Cet homme était un Hébreu élevé par la fille de Pharaon. Après avoir passé quarante ans en Egypte, il fuit dans le désert où il passe à nouveau quarante ans, avant de recevoir l’appel de Dieu. Cet appel commence par une révélation qui marque le début d’une nouvelle étape de l’histoire humaine :

« L’Eternel dit à Moïse : Tu verras maintenant ce que je ferai à Pharaon ; une main puissante le forcera à les laisser aller, une main puissante le forcera à les chasser de son pays. Dieu parla encore à Moïse, et lui dit : Je suis YHWH. Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob, comme El-Shaddaï ; mais je n’ai pas été connu d’eux sous mon nom, YHWH. » (Exode 6 :1-3)

 Dans l’Ancien Testament, Dieu reçoit de nombreux noms. Ces noms constituent différentes étapes de la révélation. On peut en retenir trois: Elohim, El-Shaddaï et YHWH. Elohim apparaît dès le premier verset de la Genèse, c’est un nom général pour dire « Dieu ». El-Shaddaï est le nom utilisé par Dieu pour se révéler aux patriarches. C’est donc sous ce nom que leurs différents descendants, y compris les fils d’Ismaël, vont invoquer Dieu. Enfin, le terme de YHWH est une révélation spécifique au peuple d’Israël. Tous ces noms constituent une progression dans la connaissance de Dieu. Nous verrons par la suite que Jésus couronne cette progression par un quatrième nom.

 Moïse

Moïse retourne donc en Egypte pour demander au Pharaon de laisser au peuple d’Israël quelques jours de congés pour pouvoir adorer Dieu dans le désert. Le pharaon refuse et entame un véritable bras de fer avec Dieu. Celui-ci frappe donc, par l’intermédiaire de Moïse et Aaron, l’Egypte de 10 plaies :

1)    Les eaux du Nil sont changées en sang

2)    Des grenouilles envahissent l’Egypte

3)    Des moustiques apparaissent

4)    Des insectes envahissent l’Egypte

5)    Les troupeaux meurent

6)    Des ulcères apparaissent

7)    De la grêle tombe sur le pays

8)    Des sauterelles envahissent le pays

9)    L’Egypte est recouverte de ténèbres

10)Les premiers-nés meurent

Au bout de ces 10 plaies, et au terme d’un séjour en Egypte qui aura duré 430 ans d’après la Bible, ou 210 ans d’après la tradition orale, Pharaon accepte que le peuple hébreu quitte le pays.

Les Hébreux devaient directement aller dans le pays de Canaan qui leur était destiné, mais à cause de leur désobéissance, ils passeront plus de quarante ans dans le désert.

 La Loi de Moïse

C’est au cours de ces quarante ans que Dieu leur donnera la Loi, « la Torah », qui constitue le fondement du culte israélite.

A l’origine, cette Loi était très simple et était constituée de dix commandements. Toutefois, à cause de leur désobéissance, Dieu permettra aussi l’ajout de nombreuses règles qui n’étaient pas forcément bonnes, comme le rappelle le prophète Ezéchiel :

 « Je [c’est Dieu qui parle] leur donnai aussi des préceptes qui n’étaient pas bons, et des ordonnances par lesquelles ils ne pouvaient vivre. » Ezéchiel 20 : 25

 Cette Loi n’était pas une fin en soi, mais elle devait servir à éduquer le peuple. C’est ce qu’explique l’apôtre Paul :

« Avant que la foi vînt, nous étions enfermés sous la garde de la loi, en vue de la foi qui devait être révélée. Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi. La foi étant venue, nous ne sommes plus sous ce pédagogue. » Epître aux Galates 3 : 23-25

 Un pédagogue était un esclave chargé d’accompagner les enfants sur le chemin de l’école pour les protéger des éventuels pédophiles. Il pouvait aussi fournir à l’enfant une instruction basique. Cette métaphore est parfaitement appropriée aux fonctions de la Loi. Celle-ci devait séparer le peuple d’Israël des autres peuples pour éviter que ceux-ci ne le corrompent en le poussant à toutes sortes de mauvaises actions. Cela explique notamment les nombreux interdits alimentaires. Par ailleurs, la Loi inculquait aussi les bases de la moralité.

Toutefois cette Loi était encore très imparfaite. Elle était notamment extrêmement dure à suivre, et nous verrons, dans les articles suivants, que la plupart du temps, le peuple d’Israël n’a pas suivi cette Loi.

A propos David Vincent 213 Articles
Né en 1993, David Vincent est chrétien évangélique doctorant en sciences religieuses à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Ses recherches portent sur l’histoire de la théologie chrétienne et de l’exégèse biblique, les rapports entre théologie et savoirs profanes, et l’historiographie confessionnelle. Il est membre de l’association Science&Foi et partage ses travaux sur son blog et sa chaîne Youtube.
  • maribe

    Merci David pour cet exposé.

    j’ai cherché des informations sur les commandements imposés au peuple d’Israel suite à leur désobéissance et j’ai trouvé sur un site.

    Le Talmud (traité Makot 23b) nous enseigne qu’il y a 613 commandements dans la Torah ; 248 Commandements Positifs (« fais ») et 365 Commandements Négatifs (« ne fais pas »). Toutefois, le Talmud ne donne pas la liste de ces commandements.
    http://www.fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/894772/jewish/Les-613-Mitsvot.htm

    un autre lien pour plus de détails sur ces mitswot
    http://www.rabbinat.qc.ca/nsite/bible/613.htm

    Une mitswa est une prescription qui doit être suivie à la lettre…
    Si certaines semblent logiques, d’autres peuvent sembler difficiles à comprendre ou à suivre surtout vu par les goyim comme par exemple
    la 43. Mitswa pour le maître d’épouser son esclave hébreue.

  • maribe

    On comprend le verset rappelé par David :

    « Je [c’est Dieu qui parle] leur donnai aussi des préceptes qui n’étaient pas bons, et des ordonnances par lesquelles ils ne pouvaient vivre. » Ezéchiel 20 : 25

    Et pourtant, un juif doit suivre ces commandements tant qu’il n’a pas reconnu Yeshoua comme son sauveur. C’est une prescription venant de Dieu auquel il ne peut déroger même si en réalité c’est pratiquement impossible de les suivre toutes à la lettre.

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