L’épopée de Gilgamesh

Présentation et contexte

L’épopée de Gilgamesh est la plus ancienne œuvre littéraire actuellement connue. Elle vient de Sumer et a commencé à être mise par écrit à la fin du 3e millénaire av. J.-C. Elle a ensuite été diffusée par les Akkadiens, en akkadien. Elle a aussi été traduite en langue hittite et en langue hurrite. On trouve des traces de ce récit dans tout le Proche-Orient, y compris en Israël. On a ainsi retrouvé une tablette à Megiddo

Aujourd’hui on distingue une ancienne version, appelée aussi version babylonienne qui date de 1750-1600 av. J.-C et une nouvelle version, appelée aussi version ninivite édite aux alentours de 1000 av. J.-C par un certain Sinleqe’unnennî.

Le manuscrit le plus récent de l’Epopée date de 250 av. J.-C, mais on retrouve le nom de Gilgamesh à Qumran où il est cité comme un des géants. Il est aussi connu des Grecs et des Syriaques. La dernière trace de lui, avant sa redécouverte contemporaine, remonte aux années 600 apr. J.-C.

Au total, on estime que le récit comporte environ 3000 vers et nous en possédons les deux-tiers. Cependant, de nouvelles tablettes sont occasionnellement découvertes et permettent progressivement de compléter les trous.

Résumé

Historiquement, Gilgamesh est vraisemblablement un roi important qui a vécu aux alentours de 2600 av. J.-C. Il a ensuite été divinisé par les Sumériens.

Dans l’épopée, Gilgamesh est un personnage surhumain, deux-tiers divin et un tiers humain. C’est le prince d’Uruk, fils de Lugalbanda, un roi d’Uruk, et Ninsuna, une déesse de second rang.

L’épopée commence par nous expliquer qu’en tant que prince, il exerçait un droit de cuissage sur l’ensemble de ses sujets. Concrètement à chaque mariage, lors de la nuit de noce, il allait vers la mariée avant son mari. Cela mécontentait bien sûr les habitants qui demandèrent aux dieux d’intervenir. Ceux-ci chargèrent alors la déesse Aruru de créer un rival à Gilgamesh. Elle prit de l’argile et façonna Enkidu, un homme aussi fort que Gilgamesh. Mais Enkidu vivait parmi les animaux.

Pour l’amener dans la cité, les hommes décidèrent alors d’envoyer une courtisane pour le séduire. Celle-ci réussit et ils passèrent 6 jours et 7 nuits ensemble. Une fois rassasié d’amour, Enkidu voulut retourner avec les animaux, mais ceux-ci se détournèrent de lui et ne le reconnurent plus comme un des leurs. Alors la courtisane l’emmena en ville.

A ce moment là, une noce était célébrée et Gilgamesh s’apprêtait justement à rejoindre la future mariée pour user de son droit de cuissage. Enkidu s’interposa alors devant Gilgamesh et les deux hommes luttèrent. Finalement Gilgamesh dû renoncer à son projet, mais se lia d’amitié avec Enkidu.

Ils allèrent donc à l’aventure ensemble et affrontèrent un monstre nommé Humbaba. Une fois vaincu, Enkidu encouragea Gilgamesh à l’achever. Cela déplu à certains dieux qui protégeaient Humbaba.

En rentrant, la déesse Ishtar demanda à Gilgamesh de s’unir à elle. Son discours est intéressant, car il se rapproche de certains passages du Cantique des cantiques. Je développerai cependant ce point dans d’autres articles. Mais Gilgamesh refuse car il sait que les amants précédents d’Ishtar ont mal terminé. Furieuse d’avoir vu ses avances repoussées, Ishtar se plaint auprès des dieux et demande à ce qu’en punition un Taureau céleste soit envoyé pour ravager le pays. Les dieux acceptent, mais Gilgamesh et Enkidu tuent le Taureau.

Finalement, les dieux décrètent qu’Enkidu doit mourir prématurément à cause de son comportement et ils le frappent d’une maladie. Malgré les supplications de Gilgamesh, Enkidu meurt. Cela attriste Gilgamesh qui se met alors en quête d’un remède d’immortalité. Il part donc à la recherche d’Uta-Napishtim qui habite à l’extrémité du monde.

Sur son chemin, il rencontre des hommes-scorpions qui gardent les Mont-Jumeaux, puis une tavernière du nom de Siduri et enfin un passeur du nom d’Ur-Shanabi qui lui permet de franchir la mer qui le sépare d’Uta-Napishtim.

Uta-Napishtim est, avec sa femme, le seul survivant du déluge universel qui a frappé l’humanité. C’est lui que l’on surnomme le « Noé sumérien ». Il raconte à Gilgamesh l’histoire du déluge. Là encore, il est intéressant de comparer ce récit avec le récit biblique. Je le ferai dans un autre article.

Toutefois, il explique à Gilgamesh que celui-ci doit accepter la mort, qu’il ne pourra pas devenir immortel et qu’il vaut mieux qu’il retourne chez lui. Avant de repartir, il lui indique cependant une plante de jouvence. Gilgamesh réussit à se procurer cette plante et retourne chez lui en compagnie d’Ur-Shanabi. Cependant, sur le chemin du retour, un serpent vole cette plante. Le récit s’arrête lorsque les deux compagnons arrivent à Uruk.

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A propos David Vincent 213 Articles
Né en 1993, David Vincent est chrétien évangélique doctorant en sciences religieuses à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Ses recherches portent sur l’histoire de la théologie chrétienne et de l’exégèse biblique, les rapports entre théologie et savoirs profanes, et l’historiographie confessionnelle. Il est membre de l’association Science&Foi et partage ses travaux sur son blog et sa chaîne Youtube.
  • Shor L.

    Bonjour David,
    Quelle est la part de vraie dans l’ensemble de ce récit qui semble bien plus être un conte relatant des exploits de demis dieux et faisant l’apologie d’êtres mythiques ?

    • Bonjour Shor,
      Il semble que Gilgamesh et son père aient bien existé.
      Ensuite, le récit s’est construit au fur et à mesure.
      C’est un mythe fondateur avec des récits étiologiques, qui servent à expliquer différentes pratiques, comme par exemple le rôle des courtisanes, etc.

  • Lee Fou Messica

    Bonjour, Si le sujet vous intéresse, découvrez le travail de CAGE compagnie, qui adapte au théâtre l’Épopée de Gilgamesh dans le spectacle O Gilgamesh. Joué au théâtre LES DECHARGEURS dans le 1er arrondissement de Paris jusqu’au 30 septembre ! Plus d’infos ici : http://lesdechargeurs.fr/spectacle/o-gilgamesh !