L’histoire du premier kamikaze

Kamikaze est un terme d’origine japonaise qui signifie « vent divin ». Il désignait à l’origine les avions de l’armée japonaise qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, étaient volontairement écrasés contre les flottes de guerre ennemies.

Ce terme a ensuite désigné par extension tous les auteurs d’attentats-suicides qui se tuent pour faire un maximum de victimes.

Cette tactique de combat est aujourd’hui surtout utilisée par des mouvements islamistes, mais pas seulement. Le PKK, par exemple, un groupe d’indépendantistes kurdes d’obédience communiste, a aussi recours à ce type d’attaques.

Si cette pratique s’est développée à l’époque contemporaine, l’idée n’est pas nouvelle. En effet, à ma connaissance, le plus ancien témoignage d’une action kamikaze se trouve dans la Bible et plus précisément dans le livre des Juges.

Samson

Le livre des Juges (chapitre 13 à 16) nous raconte l’histoire d’un Israélité dénommé Samson qui avait été consacré à Dieu dès le ventre de sa mère.

Il jouissait d’une force exceptionnelle qui lui permettait d’accomplir de nombreux exploits guerriers. Le secret de sa force résidait dans ses cheveux.

Cependant, un jour il confia ce secret à sa maîtresse qui travaillait en réalité pour le compte de ses ennemis, les Philistins. Ceux-ci lui coupèrent alors les cheveux et purent l’arrêter. Ils se saisirent de lui et lui crevèrent les yeux.

Trahi et prisonnier, il entend ses ennemis festoyer autour de lui. C’est alors qu’il adresse à Dieu une dernière demande.

Le premier récit d’une attaque suicide

« Or les princes des Philistins s’assemblèrent pour offrir un grand sacrifice à Dagon, leur dieu, et pour se réjouir. Ils disaient: Notre dieu a livré entre nos mains Samson, notre ennemi. Et quand le peuple le vit, ils célébrèrent leur dieu, en disant: Notre dieu a livré entre nos mains notre ennemi, celui qui ravageait notre pays, et qui multipliait nos morts.  Dans la joie de leur coeur, ils dirent: Qu’on appelle Samson, et qu’il nous divertisse! Ils firent sortir Samson de la prison, et il joua devant eux. Ils le placèrent entre les colonnes.

Et Samson dit au jeune homme qui le tenait par la main: Laisse-moi, afin que je puisse toucher les colonnes sur lesquelles repose la maison et m’appuyer contre elles. La maison était remplie d’hommes et de femmes; tous les princes des Philistins étaient là, et il y avait sur le toit environ trois mille personnes, hommes et femmes, qui regardaient Samson jouer.

 Alors Samson invoqua l’Éternel, et dit: Seigneur Éternel! souviens-toi de moi, je te prie; ô Dieu! donne-moi de la force seulement cette fois, et que d’un seul coup je tire vengeance des Philistins pour mes deux yeux! Et Samson embrassa les deux colonnes du milieu sur lesquelles reposait la maison, et il s’appuya contre elles; l’une était à sa droite, et l’autre à sa gauche. Samson dit: Que je meure avec les Philistins! Il se pencha fortement, et la maison tomba sur les princes et sur tout le peuple qui y était. Ceux qu’il fit périr à sa mort furent plus nombreux que ceux qu’il avait tués pendant sa vie. » Juges 16 : 23-30

A propos David Vincent 296 Articles
Né en 1993, David Vincent est chrétien évangélique et doctorant en sciences religieuses à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (#GSRL). Ses recherches portent sur l’histoire de la théologie chrétienne et de l’exégèse biblique, les rapports entre théologie et savoirs profanes, et l’historiographie confessionnelle. Il est membre de l’association Science&Foi et partage ses travaux sur son blog et sa chaîne Youtube.