Solidarité vivifiante ou substitution pénale ?

Après avoir passé plusieurs semaines à étudier la question de la fin des temps, je vous propose de commencer une nouvelle série de réflexions sur un sujet complètement différent, mais tout aussi important : le sacrifice de Jésus et plus précisément la manière dont nous le comprenons.

Dans un article précédent sur les preuves de l’existence historique de Jésus, j’avais précisé que tous les chrétiens croyaient à la mort et à la résurrection (corporelle) de Jésus, mais qu’il existait en revanche des différences concernant la compréhension et la portée de ce sacrifice.

Dans ce premier article, je m’intéresserai au sens du sacrifice de Jésus. Pourquoi Jésus est-il mort ? Que s’est-il passé pour nous (chrétiens) à la croix ? Quelles sont les conséquences de ce sacrifice ?

Dans les articles suivants, j’aborderai le problème de la portée de l’expiation. Jésus-Christ est-il mort pour tous les hommes ?

La théorie que je vous propose s’appelle la « solidarité vivifiante » : Jésus s’est solidarisé avec l’humanité et a accepté de subir la mort pour pouvoir ensuite entrainer les hommes avec lui dans sa résurrection et éviter qu’ils ne restent prisonniers du séjour des morts. Pour résumer cette théorie en une phrase, je dirais qu’unis à Christ dans sa mort, nous restons unis à Christ dans sa résurrection.

Un peu d’histoire…

Avant d’étudier les principaux versets qui appuient cette doctrine, j’aimerais rappeler qu’au cours de l’histoire diverses théories ont été proposées. Je ne vais pas toutes les énumérer mais simplement évoquer celle qui est aujourd’hui la plus répandue dans le monde évangélique contemporain : la substitution pénale.

Cette théorie trouve son origine dans l’œuvre d’Anselme de Cantorbéry (XIe siècle, théorie de la satisfaction), avant d’être complétée et développée par les réformateurs.

Cette théorie peut être résumée en quelques lignes : A cause de son péché, l’homme mérite d’être condamné par Dieu. Ne pouvant pas pardonner à l’homme sans exercer Sa Justice, Dieu envoie Jésus sur Terre pour être condamné à la place des hommes. Le sacrifice de la croix est donc le paiement de la peine due à Dieu. Jésus est mort à la place des hommes pour payer la dette judiciaire que nous avions envers Dieu. Tout le processus de salut est donc compris comme une transaction judiciaire impliquant Dieu, Jésus et les hommes.

Cette théorie de la substitution pénale implique donc trois affirmations fondamentales :

1) Jésus meurt à la place des hommes. Les hommes n’ont donc pas été condamnés.

2) Le but du sacrifice de Jésus est d’effacer notre condamnation.

3) Nous sommes sauvés par la mort de Jésus.

Or, au regard de l’enseignement biblique, ces trois points me paraissent au pire faux ou au mieux incomplet et c’est ce que j’aimerais vous montrer dans la suite de l’article en insistant sur les différences avec ma propre compréhension de la croix (« la solidarité vivifiante »).

Première différence : Jésus meurt avec le croyant

La première différence est que Jésus meurt avec le croyant et non à sa place. Pour dire les choses autrement, le croyant n’échappe pas à la mort. Cette mort est essentielle, car sans cette mort, il n’y a pas de résurrection !

« J’ai été crucifié avec Christ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. » Galates 2 : 20.

« De même, mes frères, vous aussi vous avez été, par le corps de Christ, mis à mort en ce qui concerne la loi, pour que vous apparteniez à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions des fruits pour Dieu. » Romains 7 : 4.

« Cette parole est certaine: Si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui; si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui; si nous le renions, lui aussi nous reniera; si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. » 2 Timothée 2 : 11-13.

Dans la logique de la substitution pénale, Jésus subit la condamnation à la place du croyant. Le croyant n’est donc pas condamné, il ne meurt pas. Or, en affirmant que Jésus meurt à la place du croyant, la substitution pénale rend caduque la résurrection. Si le croyant ne meurt pas avec Jésus, il ne peut pas ressusciter avec lui.

« Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection, sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché; car celui qui est mort est libre du péché. Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui, sachant que Christ ressuscité des morts ne meurt plus; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Car il est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes; il est revenu à la vie, et c’est pour Dieu qu’il vit. » Romains 6 : 3-10.

Deuxième différence : Jésus meurt pour détruire le péché

La deuxième erreur de la théorie de la substitution pénale est de se tromper sur le but du sacrifice de Jésus. Dans la substitution pénale Jésus meurt pour effacer notre condamnation, notre peine, c’est une vue terriblement anthropocentrée (centrée sur l’homme).

En réalité, Jésus ne meurt pas pour effacer notre condamnation mais pour détruire le péché. Notre condamnation est bien effacée par la mort de Jésus, mais c’est une conséquence de son sacrifice et non le but premier.

« En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection, sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché; car celui qui est mort est libre du péché » Romains 6 : 5-7.

« Or, vous le savez, Jésus a paru pour ôter les péchés, et il n’y a point en lui de péché. » 1 Jean 3 : 5

«  Car-chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, –Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, et cela afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’esprit » Romains 8 : 3-4.

« Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est à dire le diable, et qu’il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. » Hébreux 2 : 14-15.

Le but de Dieu est donc bien de condamner le péché et non les êtres humains. Les êtres humains ne subissent cette condamnation que parce qu’ils ont été unis au péché. Toute l’œuvre du salut consiste justement à séparer le péché et les êtres humains, pour éliminer le premier et sauver les seconds.

Solidarité vivifiante 2

Troisième différence : Nous sommes sauvés par la vie de Jésus (sa résurrection)

Enfin la dernière erreur de la substitution pénale est d’affirmer que nous sommes sauvés par la mort de Jésus. En effet, puisque le but du sacrifice de Jésus est de payer notre dette et que ce paiement de la dette est effectué par la mort de Jésus, alors le salut est entièrement accompli par la mort de Jésus. Dans ce système de pensée la résurrection de Jésus n’est donc d’aucune utilité. Je ne dis pas que les partisans de la substitution pénale nient la résurrection. En revanche, je fais remarquer que, d’après cette doctrine, le salut est accompli même sans la résurrection.

Or la Bible affirme très clairement le contraire. La mort de Jésus n’est que la première étape. Elle est indispensable, mais pas suffisante pour nous procurer le salut. C’est seulement avec sa résurrection que nous accédons au salut.

« Mais ce n’est pas à cause de lui seul qu’il est écrit que cela lui fut imputé; c’est encore à cause de nous, à qui cela sera imputé, à nous qui croyons en celui qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur, lequel a été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour notre justification» Romains 4 : 23-25.

« Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. » Romains 5 : 10.

« Cette eau était une figure du baptême, qui n’est pas la purification des souillures du corps, mais l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu, et qui maintenant vous sauve, vous aussi, par la résurrection de Jésus Christ » 1 Pierre 3 : 21.

Le but de la mort de Jésus était de détruire le péché. Ce but est atteint une fois Jésus mort, c’est pour cela que l’apôtre dit que nous sommes réconciliés avec Dieu. Toutefois, à ce stade là, toute l’humanité est morte et il n’y a donc pas de salut.

Pour que nous soyons sauvés, il faut que nous recevions à nouveau la vie. Or cette vie nous est donnée par la résurrection de Jésus.

Conclusion

La théorie de la solidarité vivifiante affirme :

  1. Que depuis la chute toute l’humanité est séparée de Dieu à cause du péché et qu’il était donc nécessaire de détruire le péché pour revenir à Dieu.
  2. Le péché étant lié à l’humanité, Dieu ne pouvait pas détruire le péché sans détruire en même temps l’humanité. C’est là le grand dilemme de l’Histoire.
  3. Pour résoudre ce dilemme, Dieu a envoyé sur Terre sa Parole qui s’est solidarisée avec l’humanité pour mourir avec elle. C’est pour cela que Jésus, la Parole de Dieu incarnée, est mort sur la croix.
  4. Jésus étant sans péché, la mort n’a pas pu le retenir, il est donc ressuscité.
  5. En ressuscitant, il a aussi entrainé dans sa résurrection tous les hommes unis avec Lui. En étant unis à Christ, nous mourrons avec Lui et nous ressuscitons avec Lui.

En conclusion tous les hommes doivent passer par la mort, car c’est l’étape indispensable qui permet de détruire le péché. La différence est donc entre ceux qui y vont seuls et ceux qui y vont avec Christ.

Ceux qui y vont seuls ne peuvent pas remonter du séjour des morts, tandis que ceux qui ont été unis avec Christ dans sa mort, restent ensuite unis avec Christ dans sa résurrection.

Le but de la croix n’est donc pas de permettre aux chrétiens d’éviter la mort, ce qui serait injuste, mais de ne pas en rester prisonniers. Voilà pourquoi Jésus peut affirmer qu’il s’est livré en rançon pour beaucoup :

« Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs» Marc 10 : 45

« Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus Christ homme, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. » 1 Timothée 2 : 3-6

La théorie de la substitution pénale, en se trompant sur les trois points énumérés précédemment, occulte complètement ce merveilleux enseignement biblique et défigure l’image de Dieu en le faisant passer pour un terrible juge qui condamnerait un innocent et absoudrait des coupables. Une telle conception est moralement injustifiable et formellement contraire à l’enseignement biblique :

« On ne fera point mourir les pères pour les enfants, et l’on ne fera point mourir les enfants pour les pères; on fera mourir chacun pour son péché» Deutéronome 24 : 16

« En ces jours-là, on ne dira plus: Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées. Mais chacun mourra pour sa propre iniquité; tout homme qui mangera des raisins verts, ses dents en seront agacées. » Jérémie 31 : 29-30

Tous les hommes meurent pour leurs propres péchés, mais ceux qui ont été unis à Christ ne restent pas prisonniers de cette mort et peuvent ensuite ressusciter grâce à Sa Vie.

A propos David Vincent 192 Articles
Né en 1993, David Vincent est chrétien évangélique doctorant en sciences religieuses à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Ses recherches portent sur l’histoire de la théologie chrétienne et de l’exégèse biblique, les rapports entre théologie et savoirs profanes, et l’historiographie confessionnelle. Il est membre de l’association Science&Foi et partage ses travaux sur son blog et sa chaîne Youtube.
  • Cal

    Voilà une réfutation de ta thèse humaniste.

    1) Jésus meurt à la place des hommes. Les hommes n’ont donc pas été condamnés.

    A) Cela correspond aux prophéties de l’ancien testament. En particulier, dans Esaïe 53 nous trouvons ce principe de la substitution :

    « Mais lui, il était blessé à cause de nos transgressions,
    brisé à cause de nos fautes:
    la punition qui nous donne la paix est tombée sur lui,
    et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. » (v5)

    Ce verset atteste clairement que nos transgressions nécessitent une punition, une sanction, une justice. Et ce même verset proclame que cette punition est retombée sur Christ et non sur « nous » son peuple pour qui il a été frapé.
    Le verset 10 nous dit qu’Il a plu à Dieu de le briser par la souffrance. Cela fait-il de Dieu un terrible juge? Oui, comme il est dit dans l’épître aux hébreux :

    « Nous connaissons en effet celui qui a dit: C’est à moi qu’appartient la vengeance, c’est moi qui donnerai à chacun ce qu’il mérite! Il a ajouté: Le Seigneur jugera son peuple. Oui, c’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant. » (v30-31)
    Donc trève de sentimentalisme déplacé.

    D’autres passages attestent clairement de cela. Mais le problème ici, c’est que tu trompes les lecteurs en séparant la venue et l’oeuvre de Christ des prophéties de l’Ancien Testament. Par exemple, tout le culte lévitique reposait entre autre sur les sacrifices d’expiations et de culpabilité (en plus des holocautes, communions, etc…). D’ailleurs dans Lévitique 16 nous avons la plus claire image de l’oeuvre de Jésus. L’animal expiatoire était sacrifié A LA PLACE des vrais coupables. Cet animal devait être parfait (image de la parfaite obéissance de Christ). Le bouc émissaire représentait l’éloignement des péchés, APRES que le permier animal ait été sacrifié.
    Mais j’imagine que tu ne dois pas croire dans l’autorité de l’ancien testament.

    Cette même épître aux hébreux que tu cites hors contexte nous dit que Christ a purifié son peuple de ses péchés par sa mort (héb 1:3 ; 9:23 ; 9:25-28 ; 10:8-10 ; 10:11-14 ; 10:18).

    B) Dieu fait-il mourir l’innocent pour sauver le coupable?

    Euh David, c’est exactement ce qu’enseigne la Bible. Mais si tu comprenais que Jésus est Dieu, tu comprendrais que c’est Dieu lui-même, le seul innocent, qui paye pour les hommes coupables. Aucun message n’est plus glorieux que celui-là, ayant été prêché depuis la naissance de l’Eglise, comme il est dit :
    « Faites donc bien attention à vous-mêmes et à tout le troupeau dont le Saint-Esprit vous a confié la responsabilité; prenez soin de l’Eglise de Dieu qu’il s’est acquise par son propre sang. » (Actes 20:28).

    De plus, Pierre le dit, on ne peut plus clairement, dans sa première épître :

    « Christ aussi a souffert, et ce une fois pour toutes, pour les péchés. Lui le juste, il a souffert pour des injustes afin de vous conduire à Dieu. Il a souffert une mort humaine, mais il a été rendu à la vie par l’Esprit. » (1 Pierre 3:18)

    Jean-Baptiste nous rappel le principe du sacrifice de la victime innocente quand il accueille Jésus dans ces termes « voici l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean).

    2) Tu confonds l’oeuvre de Christ, l’oeuvre du Saint-Esprit.

    A) Christ obéit et mène une vie juste qui fait qu’il est un sacrifice parfait (Hébreux 5:8-10 ; Phil 2:8-11 ; 1 Pierre 1:18-19 ; etc…)

    B) Le Saint-Esprit nous unit à Christ, et nous attribue la mort, la resurrection et le règne de Christ. C’est ce qu’on appelle l’union avec Christ. Mais sans substitution, comment pouvons nous être unis à Christ? Or il est dit :

    « En effet, que nous soyons juifs ou grecs, esclaves ou libres, nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps et nous avons tous bu à un seul Esprit. » (1 Co 12:13) et encore :
    « Quant à vous, vous n’êtes pas animés par votre nature propre mais par l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. » (Romains 8:9)

    Donc ce qui nous unit à Christ c’est l’Esprit d’adoption, le Saint Esprit par lequel nous disons « Père ».

    >> Ainsi le passage de Galates 2:20 que tu cites correspond à l’oeuvre de l’Esprit puisque quelques versets plus loin Paul dira :
    « Voici seulement ce que je veux apprendre de vous: est-ce en pratiquant les œuvres de la loi que vous avez reçu l’Esprit ou en écoutant l’Evangile avec foi? Manquez-vous à ce point de bon sens? Après avoir commencé par l’Esprit, voulez-vous maintenant finir par vos propres forces? » (3:2-3)

    Ainsi Paul rappel que la nouveauté de vie est permise par notre union à Christ, elle même permise par le Saint-Esprit donné pour la foi des croyants. Et si cela ne te suffit pas, voici comement Paul décrit la nouvelle naissance :

    « il nous a sauvés. Et il ne l’a pas fait à cause des actes de justice que nous aurions pu accomplir, mais conformément à sa compassion, à travers le bain de la nouvelle naissance et le renouvellement du Saint-Esprit qu’il a déversé avec abondance sur nous par Jésus-Christ notre Sauveur. » (Tite 3:5-6)
    Paul dit que le renouvellement du Saint-Esprit est permis par Jésus-Christ, sous-entendu son oeuvre à la croix.

    >> Le passage de Romains que tu cites se comprend de la même manière (cf Romains 8 et l’Esprit de Christ qui nous unit à lui). D’ailleurs le premier point que je traite ici (cf grand 1) est prouvé par ce passage qui montre que Dieu demandait la justicie à travers sa loi, et que Christ par sa mort a satisfait cette justice :

    « ll n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, [qui ne vivent pas conformément à leur nature propre mais conformément à l’Esprit]. En effet, la loi de l’Esprit qui donne la vie en Jésus-Christ m’a libéré de la loi du péché et de la mort, car ce qui était impossible à la loi parce que la nature humaine la rendait impuissante, Dieu l’a fait: il a condamné le péché dans la nature humaine en envoyant à cause du péché son propre Fils dans une nature semblable à celle de l’homme pécheur. Ainsi, la justice réclamée par la loi est accomplie en nous qui vivons non conformément à notre nature propre mais conformément à l’Esprit. » (Romains 8:1-4)

    Le passage dit 1) plus de condamnation 2) la loi nous demande de payé pour nos péchés, or, par notre union à Jésus, c’est fait.

    >> Le passage dans 2 Timothée que tu cites, se comprend de la même manière. Au chapitre 1 Paul parle de l’Esprit reçu par Timothée… ce même Esprit qui nous unit à Christ, dans sa mort, sa résurrection, sa gloire.

    Enfin, il y a une confusion de ta part, dans la compréhension de Romains 6. Paul ne nie pas la substitution qu’il a défendue et exposée aux chapitres 3 et 5 mais il aborde le thème de l’union avec Christ. Christ meurt en subissant la punition (la colère de Dieu) à la place du coupable. Ce coupable, par la foi, par le Saint-Esprit est uni à Christ. Le Saint-Esprit lui impute, met à son compte la mort de Christ. Et donc quand Paul dit que nous sommes morts avec Christ, c’est bien sur la base de ce que Christ est mort pour nos péchés, à notre place. Nous sommes unis à lui. Si tu penses pouvoir mourir et être puni pour tes fautes… tu sous-estimes la juste colère de Dieu et sa sainteté.

    VOILA POUR LE PREMIER POINT
    résumé :
    1 : L’ancien testament enseigne la substituion pénale (sacrifices lévitiques + prophéties sur le Messie souffrant)

    2 : le nouveau testament enseigne aussi cela (Hébreux, Romains 3, Ephésiens 2, 1 Pierre 3:18 ; etc…)

    3 : il ne faut pas confondre l’oeuvre expiatoire, propitiatoire et substituionnelle de Christ et celle du Saint-Esprit qui nous unit à Christ et applique dans notre vie les vertus de Christ.

    « lui qui a lui-même porté nos péchés dans son corps à la croix afin que, libérés du péché, nous vivions pour la justice. C’est par ses blessures que vous avez été guéris. » (1 Pierre 2:24)

    JE REPONDRAI, PAR LA GRACE DE DIEU, AUX AUTRES POINTS PLUS TARD (je ne crie pas je souligne 🙂 )

    • Bonsoir Calaghan,

      Je te rassure, je ne suis pas marcionite, je n’ai donc aucun problème avec l’AT.

      Le texte d’Essai 53 n’exige pas une substitution pénale, il se lit très bien avec ma propre compréhension. Je ferai un article sur le sujet.

      Pour ce qui est sacrifices de l’AT, c’est un sujet tout à fait passionnant, et je pense justement que tu fais une confusion car la Loi raisonne en terme de pur et d’impur et n’est absolument pas dans une logique pénale. Toutefois, c’est un sujet que je souhaite approfondir et je publierai donc un peu plus tard dessus.

      Par ailleurs, je vois mal comment Christ peut mourir à la place du coupable, si celui-ci au final est uni à Christ. Quand intervient cette union ? Avant ou après la mort de Jésus et surtout qu’implique cette union ?

      Mais sans substitution, comment pouvons nous être unis à Christ?

      J’avoue avoir un peu de mal avec ce raisonnement. En quoi la substitution est-elle nécessaire à l’union ? De mon côté, elle me parait plutôt contraire.

      J’attends donc la suite 🙂

      Bonne soirée,

      • Cal

        La suite viendra demain, mais pour ton commentaire présent, quelques mots:

        1) Tu enseignes un marcionisme déformé, donc quelques divergences d’avec ses thèses, mais dans le fond, le même humanisme (la colère de Dieu rejetée, le jugement de Dieu atténué, la culpabilité de l’homme minimisée etc…)

        2) Pour les sacrifices de l’Ancien Testament, ce que tu dis est du grand n’importe quoi supposé servir ta thèse. L’impure était pénalisé puisqu’il y avait des sanctions (exclusion du peuple, mise à mort, etc…) et des réparations (cf Lévitique 5:14-26). La punition pouvait dans certains cas être expiée par un substitut (les sacrifices : Lévitique chapitre 1, 4, 5, 6, 7, et SURTOUT 16).
        Donc les principes de pur et d’impur ne sont en rien en opposition à celui de pénalité. Sinon, comment expliquer les fléaux qui menacent Israël au chapitre 26?
        Tu as raison de vouloir approfondir ce sujet… mais le feras-tu en cherchant à confirmer ta thèse ou en cherchant la voix de Dieu?

        3) Tu dis que tu vois mal comment Christ peut mourir à la place du coupable, si celui-ci au final est uni à Christ. Tu as cité toi même que l’homme est séparé de Dieu à cause du péché (Romains 3). Comment alors dans ta thèse Christ pourrait s’unir au pécheur alors que le problème du péché n’est pas encore réglé?

        Christ meurt en subissant la colère de Dieu qui devait tomber sur son peuple. Ainsi, Christ expie la faute de son peuple, le purifie du péché et rend Dieu propice envers le peuple. Cette rédemption est la condition de l’union opérée par le Saint-Esprit. Dieu ne peut pas s’unir à des enfants de colère, mais il peut faire alliance à des enfants de la grâce, purifiés par le sang de Jésus. L’évangile de la Bible est cohérent. Ta thèse humaniste ne l’est pas et minimise et le péché et la sainteté de Dieu.
        L’union intervient après la mort et la résurrection de Christ. Car il fallait d’abord qu’il aille dans le temple céleste, présenter l’offrande de son sang et intercéder pour son peuple (cf Hébreux, ne vois-tu pas le rapport avec les prêtres dans le lieu très saint de l’Ancien Testament?). Une fois le service accomplit dans le ciel, l’Eglise a pu commencer d’être unie à Christ par l’envoi du Saint-Esprit à la pentecôte car « personne ne peut entrer dans le royaume de Dieu à moins d’être baptisé d’eau et d’esprit. » (Jean 3) Or entrer dans le royaume de Dieu c’est être uni à Christ, donc personne ne peut être uni à Christ à moins d’être né de l’Esprit.

        4) En quoi la substitution est-elle nécessaire à l’union, demandes-tu.
        Et bien si Christ ne nous obtient pas la purification, nous restons séparés de Dieu et ne pouvons pas être en communion avec Lui.
        Cette purification, ce n’est pas nous qui l’obtenons pour nous, mais Christ à notre place. Cette satisfaction de la loi qui demande justice, ce n’est pas nous qui l’obtenons pour nous, mais dans sa grâce, Christ porte nos péchés à la croix, et donc il est notre substitut. Il nous obtient donc ce qui peut nous purifier pour être en suite uni à lui. D’ailleurs éphésiens 5 ne dit il pas que Christ veut faire paraître l’église sans tâche lors de l’union finale, parfaite et éternelle?

        Si tu as du mal avec ce raisonnement, cela n’est pas une autorisation à tordre la parole de Dieu. Pierre avait prévenu que certaines choses difficiles dans les lettres de Paul voient leur sens tordu par des personnes mal affermies.
        Tes lacunes, ou mes lacunes ne nous donnent pas le droit de revisiter toute la vérité biblique et historique pour convenir à notre « sagesse ».

        Bonne soirée David et à demain peut-être.

  • Je rajouterai aussi que cette théorie de la substitution pénale est fondée sur une christologie que je pense non-biblique, comme je le détaille dans cet article :

    http://didascale.com/jesus-de-nazareth-essence-divine-et-nature-humaine/

    Il faudra donc que tu t’attèles aussi à réfuter celui-ci et à démontrer la validité du chalcédonisme 🙂

    • Cal

      Salut David,
      avant ma réponse à ton point 2, je veux juste te préciser que la Christologie kénotiste « extrême » que tu proposes ne gêne en rien la réalité de la substitution pénale. Car en effet, à supposer que Godet partage cette position kénotiste, comme tu sembles l’indiquer – (je te laisse le bénéfice du doute) – il est aussi un défenseur de la doctrine de la substitution pénale. Donc comment peux-tu citer Godet comme kénotiste, puis dire que le kénotisme est incompatible à la substitution pénale?

      Donc si le kénotisme est vrai, Godet prouve qu’il est compatible avec la substitution pénale. Si le kénotisme est faux, chalcédoine se charge de confirmer la substitution pénale… d’après tes dires. Quelque soit le sens et l’issue, ton objection tombe à l’eau.

      Enfin, je n’ai pas insulté ton intelligence en parlant d’humanisme. Je sais que tu as saisi que je n’indiquais pas par là que ta position était apparue avec le mouvement philosophique de la renaissance mais que j’employais ce terme de manière plus générale, comme désignant une doctrine centrée sur l’homme, ses affections et ses aspirations.

      Ce que tu défends, comme je l’ai dit avant, est une sorte de marcionisme déformé mêlant un christus victor confus. D’ailleurs, je ne nie pas la véracité du christus victor dans l’oeuvre de Christ, ni même dans l’enseignement des pères de l’église. Simplement, cela n’était pas enseigné en opposition à la substitution pénale, mais bien parallèlement comme Blocher l’a rappelé dans l’ouvrage que tu as cité sur facebook. D’ailleurs ce pas très honnête d’avoir effacé des commentaires qui montraient clairement, citations à l’appui, que tu citais Blocher de manière tronquée.
      Pour rappel, contrairement à ce que tu as dit, Blocher ne dit pas que la substitution pénale n’a pas été enseignée par les pères, mais qu’elle était moins accentuée que d’autres doctrines, et mise particulièrement en avant à la réforme… (cf Péché et Rédemption pages 144-146).

  • gbourin

    Calaghan, la position de David n’est pas « humaniste », mais elle est bien plus ancienne que ce mouvement post-renaissance. Certains pères grecs tenaient une position proche, et dans un sens, David semble très influencé par Origène (pas vrai David?). C’est d’autant plus important de le préciser que le présupposé de David est avant tout historique (comme nombre de ses réflexions). Idem pour l’accusation tantôt implicite, tantôt explicite, de marcionisme.
    Je ne relève que ça, mais dans tes commentaires -dont j’adhère à la position générale- il y a, comme à l’accoutumée, plusieurs mauvaises représentations de la position de la partie adverse.
    Ici comme ailleurs, il convient d’être précis et honnête. Être « conservateur » ne nous donne pas tous les droits. Et de toute façon pas besoin de se servir de ce genre de procédé pour démontrer la fragilité de la doctrine de David ( :p )

    David, je crois que tu fais bien d’indiquer que le problème est avant tout christologique. Par contre, en la matière, je crois pas que tes divergences avec « l’orthodoxie » se limitent à Chalcédoine. A mon sens, tu as aussi un problème avec Nicée. En effet, ce concile, et plus généralement les travaux d’Athanase, rejettent l’approche monarchiste à laquelle tu sembles bien adhérer. A mon sens, la clé est là, et tu sais bien que c’est ce qui m’empêche en premier lieu de te classer dans le camp orthodoxe/évangélique malgré toute la sympathie que j’ai pour toi. En tout cas, on a bien noté que l’aimes, ton Origène.

    Reste le témoignage des Écritures, et sur ce point ton approche ne saurait tenir devant les données intertextuelles, par ex. l’usage d’Esaïe 53 par les auteurs inspirés du NT (sans compter les quelques allusions dans l’AT). Là où je suis essentiellement d’accord avec Calaghan, c’est que ton approche Christologique et prétériste te conduit à malmener les textes preuves.

    Guillaume

  • Cal

    Voici ma réponse au point 2

    2) Le but du sacrifice de Jésus est d’effacer notre condamnation.

    Je crois deviner que ton point 2 (Jésus meurt pour détruire le péché) est bref et concis parce qu’honnêtement il n’y rien de fondamentalement opposé entre considérer que l’objectif de Jésus était de détruire le péché et de dire que son objectif était d’effacer la condamnation.

    En effet, 1) Les conséquences de l’oeuvre de Jésus sont intentionnellement provoquées ou actées, de sorte que l’effacement de la condamnation n’est pas une conséquence simplement incidentelle, voire accidentelle; penser cela reviendrait à minimiser la sagesse de Dieu dans son plan, et faire de Dieu un planificateur chanceux, qui bien que bien intentionné, obtient hasardeusement, involontairement des produits heureux et profitables.
    A Dieu ne plaise! Dieu avait bien évidemment en vu la destruction du péché, mais aussi l’annulation de « l’acte rédigé contre nous qui nous condamnait par ses prescriptions ». En effet, à la croix, Jésus l’a annulée (la condamnation) en la clouant à la croix (Colossiens 2:13-14).

    2) Le raisonnement de Paul dans Romains 6 à 8, en ce qui concerne la sanctification, est un raisonnement par accumulation. Qu’est-ce qui nous pousse à nous sanctifier, d’après lui?

    a>> Avant tout, notre union à Christ (Romains 6:1-14)

    b>> Notre allégeance nouvelle à la justice, par la rédemption (Romains 6:15-22)

    c>> L’oeuvre de l’Esprit de Christ en nous dans le domaine de la mortification (Romains 8) / selon que l’Esprit à des désirs contraires aux désirs de la chair (cf Galates 5)

    d>> La crainte de la mort et de la condamnation (Romains 6:23 ; Romains 7:9-12, 24 ; Romains 8:1-2 ; Romains 8:13 ; HEBREUX 2:14-15 etc…)

    Donc, l’annulation de la condamnation n’est pas une simple conséquence heureuse de l’oeuvre de Christ mais bel et bien le but recherché conjointement à celui de la destruction du péché, des oeuvres du diable (1 Jean 3:8), l’annulation de l’acte légal de condamnation (Colossiens 2:13-14 et Romains 8:1), l’anéantissement de la mort (1 Co 15), la satisfaction de la justice divine (Romains 3:25-26), mais encore pour imputer aux élus la justice de Christ, leur donner la gloire et l’héritage réservé aux saints (1 Pierre 1:3-4) etc…. la liste est longue.

    Pour résumer, si tu veux te concentrer sur l’aspect « négatif » de l’oeuvre de Christ, c’est bien contre le péché, contre le diable et contre la mort (globalement) que Jésus se donne en sacrifice.

    Tu objecteras probablement que la mort n’est que la conséquence du péché. Je te demande, le péché n’est pas commis « conformément au prince de l’air », satan? Ou encore, n’est-ce pas l’homme qui est l’introducteur du péché dans le monde? Ainsi le péché serait une conséquence de l’homme aussi. Si tu ne vois pas où je veux en venir, voici :
    puisque le péché est une conséquence de la conduite de l’homme, n’est-ce pas l’homme aussi qu’il faut détruire? Car en effet, en Christ, Dieu crée un homme nouveau (Ephésiens 2:15 ; 2 Co 5:17 etc…) afin de détruire le viel homme. La destruction du viel homme se fait donc, soit par la nouvelle naissance, soit par la colère de Dieu (Genèse 6:5-7 ; Proverbes 16:4 ; Romains 9:17,22 ; 1 Co 1:19 ; 1 Co 16:22).

    Bref, ton point 2 a été réfuté. J’ai commenté aussi touchant ta déclaration qui consiste à désolidariser l’homme de son péché… ce qui n’est pas aussi simple, comme en témoigne ces psaumes :

    « les vantards ne peuvent résister devant ton regard. Tu détestes tous ceux qui commettent l’injustice » (Psaumes 5:6)

    « L’Eternel examine le juste; il déteste le méchant et celui qui aime la violence. »

    Enfin, la conclusion de ton point 2, fait passer l’homme pour la victime du péché, plutôt que pour une créature qui jouit allègrement du péché dans toutes ses formes…

    Je répondrai prochainement au point 3, si possible.

  • Cal

    Salut Vincent, voici une réponse au point 3

    3) Nous sommes sauvés par la mort de Jésus.

    Cette vérité est une évidence telle qui me parait presque vain de la défendre. En effet, si c’est le sang de Jésus qui nous purifie de tous péchés, comme Jean l’affirme (1 Jean 1:7), alors la mort de Jésus est bien une condition pour ce salut car l’évocation du sang renvoie non seulement au sang de la loi Mosaïque qui purifiait ceux qui voulaient s’approcher du lieu très saint (et plus généralement du lieu saint), mais c’est aussi l’évocation de la mort de Jésus.

    Hébreux 2:14-18 Nous dit même que par sa mort, Jésus a rendu impuissant celui qui exerçait le pouvoir de la mort, c’est à dire le diable, qui exerçait la puissance du péché.
    Si par sa mort il a rendu impuissant le diable, par sa mort il a rendu impuissant le péché dans la vie des saints (Romains 6:14).
    Et si le péché est rendu impuissant, la mort n’a plus son aiguillon (1 Co 15:54-56).

    Le caractère indispensable et efficace de la mort de Christ est attesté dans les écritures, en faveur du salut des saints.

    Ceci étant dit, tu pointes à juste titre une lacune dans l’évangélisme moderne. C’est probablement la seule chose que je peux porter à ton crédit dans cet article.
    Cette lacune consiste en une négligence (par ignorance?) de la résurrection de Christ comme composante clef de l’économie du salut. En effet, la résurrection de Christ, comme sa mort, sont directement au coeur du salut chrétien, bien que les deux accomplissent des nuances différentes de l’opération de rédemption.

    Mais je dois, malgré cette concession, à nouveau te contredire quant à ton interprétation de la résurrection, sur certains aspects.

    a) La résurrection a toute sa place pour les tenants sérieux de la substitution pénale. En effet, Jésus, dans son office de grand-prêtre, se devait de présenter le sang du sacrifice et officier l’équivalent spirituel et céleste du service des prêtres lévitiques, mais dans une mesure et une dispensation parfaite et totale. C’est ce qu’affirme l’épître aux hébreux qui décrit l’oeuvre de Jésus, permise par sa résurrection :

    >> Christ, grâce à sa piété, a été ressuscité pour continuer son service de prêtrise selon l’ordre de Melchisédek (Hébreux 5:7-10).

    >> En tant que prêtre, il lui fallait présenter le sang d’un sacrifice; or, ayant lui-même été ce sacrifice parfait, sa résurrection lui permet de présenter son propre sang (un mort ne pouvant pas vraiment remplir cette tâche…) (Hébreux 7:26-28).

    >> En tant que grand-prêtre à la manière de Melchisédek, il devait avoir un office d’intercession sans interruption. Sa résurrection dans un corps ayant revêtu l’immortalité permet cela. Il intercède toujours pour nous (Hébreux 7:23-25), ce qui encourage à venir à Dieu, par Jésus, en tout temps.

    Voilà un résumé de ce que l’épître aux hébreux nous indique sur la nécessaire résurrection de Jésus.

    En outre, les passages de Romains 4 et 5 que tu cites dans ton point trois, ne vont absolument pas en opposition à la mort de Jésus. En fait, c’est même l’inverse. La résurrection est présentée comme ce qui, en quelques sortes, entérine l’acte de justification des pécheurs par la foi en l’oeuvre expiatoire de Jésus. Pour saisir ces versets que tu as cité, tu aurais du te référer au passage dans lequel Paul explicite clairement le lien entre la résurrection et le salut : 1 Corinthiens 15.

    Si Christ n’est pas ressuscité, nous sommes encore dans nos péchés, nous dit Paul, car cela signifierait qu’il n’a pas eu la piété suffisante pour obtenir la résurrection du juste (cf Hébreux 5:7).
    Donc dans Romains, quand Paul parle de la résurrection de Christ qui nous justifie, c’est en rapport au fait que Christ ressuscité, peut témoigné qu’il a non seulement été donné comme victime expiatoire, mais que son sacrifice a été accepté comme valide, comme le manifeste sa résurrection.

    Donc, si nous sommes réconciliés par sa mort (à notre place), nous serons d’autant plus sauvés (ou réconciliés; les deux termes sont du même domaine ici) par sa résurrection. Signifiant, Christ n’est pas mort pour nous, pour ressusciter contre nous. Christ est mort pour nous, et sa mort expiatoire est efficace comme le prouve sa résurrection.

    Il y a évidemment donc, dans la résurrection de Jésus, une dimension régénérante, mais là encore tu cites un passage qui n’en parlent pas, à part peut-être 1 Pierre 3:21 (avec une réserve car ce passage ne met pas l’emphase tant sur notre union à Christ que sur le fait qu’il a reçu la soumission de toute chose >> v22).

    En résumé : nous sommes sauvés par la mort de Jésus, nous sommes sauvés par la résurrection de Jésus, nous sommes sauvés par sa vie (terrestre, et céleste), et par tout ce qu’était, ce qu’est et ce que sera Jésus.

    Une question pour toi :

    Dans ta conclusion, tu dis en point 5 « En ressuscitant, il a aussi entrainé dans sa résurrection tous les hommes unis avec Lui. En étant unis à Christ, nous mourrons avec Lui et nous ressuscitons avec Lui. »

    Je te demande de quel droit, ou sur la base de quoi Jésus a-t-il entrainé avec lui les hommes? Pour préciser, la formulation globale ne me dérange pas, mais je crois que présupposé n’est pas le même.

  • Cactus Wren

    Ouf… ça à l’air de chauffer autant que chez moi, ici !
    La roue est une découverte technique remarquable, qui a traversé des millénaires ; entre celle d’une brouette et celle d’un TGV sont inervenues des améliorations remarquables, mais on ne la RÉINVENTE pas. En théologie c’est pareil, ce n’est pas sérieux de faire l’impasse sur ce qui a été dit ou écrit avant nous. Donc sur cette question substitution-pénale versus union-solidariste, il faut avoir lu Frommel ; c’est comme çà, il fait partie des auteurs obligatoires, même s’il a écrit en bon français, et non en anglais. Le lien pour le lire gratuitement en ligne :

    http://theotex.org/perl/theotex_pgsvg.pl?bk=frommel_redemption

    • Bonjour « Cactus »,

      Merci pour ce conseil de lecture, je ne connaissais pas ce brave Gaston, je vais tout de suite voir ce qu’il a écrit 🙂

      Et sinon que penses-tu de mes articles sur la personne de Jésus ? Notamment celui-là :

      http://didascale.com/jesus-de-nazareth-essence-divine-et-nature-humaine/

    • Cal

      Bonjour Cactus,

      juste une remarque; je pense que c’est aller vitement en besogne que de considérer que la non lecture de Frommel constitue un manquement capital pour la défense de l’une ou l’autre position quand il existe une multitude d’auteurs et théologiens qualifiés ayant traité de la question. Cependant, merci pour lien que je consulterai volontiers…
      J’avais eu vent de Frommel par César Malan dans l’une de ses lettres… c’est l’occasion de faire connaissance avec ce Monsieur.

      • Cactus Wren

        Bonjour David,

        Ce que je pense de ton article sur la kénose de Christ ? well, it rings a bell… comme je me suis déjà exprimé plusieurs fois sur cette question sur le boncombat.fr, en me rattachant à l’opinion de Godet, je te rejoins forcément sur beaucoup de points. Par contre je trouve ta manière d’exprimer l’idée de la kénose parfois un peu dangereuse, notamment quand tu affiches en titre de section :
        Jésus sur Terre : pleinement et uniquement homme

        c’est assez provocateur, car s’il est vrai que Jésus a accepté absolument toutes les limites de la nature humaine, et ne les a jamais dépassées, il est également vrai que son identité n’a jamais cessé d’être celle du Fils de Dieu, et Dieu donc dans sa personnalité. Pris isolément ta formule risque de prêter à confusion. Mais peut-être était-ce volontaire ? un simple pétard parmi d’autres, destinés à la démolition en règle du néo-calvinisme américain ?

        • Cactus Wren

          Bonjour Cal,

          C’est vrai que des théologiens qualifiés, il y en ribambelle. Mais ceux d’aujourd’hui ne sont pas encore passés par le jugement de l’Histoire, comme ceux du XIX°. Or qui reste-t-il après 150 ans en théologie protestante évangélique suisse ou française ? Godet ! ses commentaires, ses articles continuent à être lus, paradoxalement surtout en anglais, car les américains, contrairement aux français, conscients de sa valeur l’ont toujours réédité. Les adversaires de langue français de son temps, libéraux ou réformés extrémistes, personne ne les lit, personne ne les connaît. Evidemment Frommel, qui fait partie de cette école protestante-évangélique initié par Godet, est beaucoup moins connu ; cependant il continue à avoir des lecteurs, même chez les catholiques (comme Godet). D’ailleurs il suffit de lire deux ou trois pages de lui, pour se rendre compte de sa qualité, par comparaison à des auteurs modernes.

        • Merci pour le retour. J’en prends bonne note. Si tu as d’autres suggestions concernant d’autres articles n’hésite pas, je ne connais pas encore très bien les auteurs évangéliques contemporains 🙂

          Cf mon parcours personnel : http://didascale.com/a-propos/

        • Question supplémentaire : Frommel est-il aussi partisan du kénotisme ?

        • Cactus Wren

          Oui, comme à peu près tous les pasteurs réformés évangéliques français du XIX° (voir ma citation de la revue Le Chrétien Évangélique de 1891, dans un commentaire sur http://leboncombat.fr/les-deux-glorieuses-natures-de-christ)

          Tous les documents historiques de l’époque montre que ce que l’on appelait alors le protestantisme-évangélique, était défendue par des pasteurs issus de l’Eglise Réformée de France, qui s’étaient opposés au libéralisme. Mais il y a longtemps qu’ils n’étaient plus absolument calvinistes au sens du XVI°, XVII° siècle. C’est eux qui représentent historiquement l’orthodoxie protestante-évangélique et non le néo-calvinisme initié par Lecerf en France.

        • @Cactus : Merci, c’est intéressant. Comme je le signalais dans ma présentation, j’ai essentiellement eu une formation en histoire ancienne. Donc je ne connais pas encore très bien la période contemporaine, mais je vais profiter de cette année pour rattraper mon retard 🙂

          Je voulais d’ailleurs te remercier pour ton site qui est très utile. J’ai déjà téléchargé les ouvres de Grétillat et de Godet, ainsi que quelques autres auteurs.

  • marc laugt

    C’est intéressant, je ne savais même pas que quelqu’un pensait autre chose que la substitution pénale. Mais j’ai une question, Est-ce que tu y croit vraiment à la Solidarité vivifiante ou Est-ce que c’est juste une théorie intéressante ?

    C’est vrai que ça révèle réellement une faille (déjà remarqué précédemment sans y avoir réellement réfléchie) dans la doctrine de la substitution pénale. Seulement je ne suis pas très convaincu sur ce que dit ensuite Calaghan, c’est vrai qu’avec les textes on a l’impression que la résurrection de Jésus a un plus grand rôle dans le salut que ce qu’en dit Calaghan.

    C’est vrai que la Solidarité vivifiante est profondément humaniste. Si un souci de justice pénale est avancé en faveur de la solidarité vivifiante, Est-ce qu’il y a réellement justice dans la solidarité vivifiante ? Si on y réfléchie ce n’est pas vraiment le cas parce que pour les uns on aura condamnation éternelle et pour les autres on aura une condamnation éphémère pour le même péché. De même le mal de la mort est beaucoup moins forte parce qu’on rentre dans la mort avec Christ. Dans un couple on partage les choses, donc le mal qu’aura un chrétien est beaucoup moins forte que celui qui sera mort seul.

    De plus si tu meures avec ta femme et que tu vois qu’elle ne peut plus le tenir et qu’elle te dise : je ne peux plus tenir, ne sera tu pas porté à dire Ok je le porte. Ansi dans la solidarité vivifiante, Est-ce que tu peux vraiment dire : j’ai subis toute la faute, je suis mort pour tous mes péchés. Donc dans un sens il y a aussi substitution pénales, puisque dans ce sens là c’est Christ qui est mort pour ces péchés.

    Si le péché et la condamnation est amoindrit, alors tu seras amené inexorablement à revoir ta position sur la condamnation et le jugement dernier, puisque ça ne va pas ensemble. Tu sera poussé à imaginer un truc du genre condamnation en enfer temporel et non éternel…

    Il est dit que c’est Lui qui a effectué le rachat. Si nous devons mourir pour nos péché, en quoi il y a rachat, puisque c’est nous qui payons pour nos péché. Pour qu’il y ait rachat d’une dette, il faut que l’autre ne paye pas.

    • Bonjour Marc,

      Evidemment que j’y crois, sinon je ne m’amuserai pas à écrire des articles là-dessus.
      Ton commentaire soulève des points intéressants que j’approfondirai dans de prochains articles, merci pour ta participation.
      N’hésite pas à lire les autres articles du blog et à me faire part de tes réflexions.

      A bientôt,

  • marc laugt

    « Ceux qui y vont seuls ne peuvent pas remonter du séjour des morts, tandis que ceux qui ont été unis avec Christ dans sa mort, restent ensuite unis avec Christ dans sa résurrection. »
    Il y a un hic dans ce que tu dis. Quand tu prend en compte le jugement dernier et la seconde mort (condamnation – jugement). Dans le jugement dernier, c’est tout le monde qui ressuscitent pour le jugement, les bons et les méchants (donc même ceux qui sont mort sans Christ, ainsi ils ressuscitent aussi), et le jugement qui est donné c’est la seconde mort ou l’enfer. Donc on voit que ce n’est pas la mort qui détruit le péché, parce que ceux qui sont mort pour leurs propres péchés, n’ont pas leurs péché détruits, ils sont encore dans leurs péchés, ils sont encore pécheurs. Ainsi quand ils ressuscitent, ils ressuscitent pécheurs, ils sont encore dans leurs péchés. Pour cela il faudrait que Christ aie pris leurs condamnations.

    C’est vrai que l’image de la substitution pénale, comme beaucoup d’images n’est pas parfaite, et ne métaphorise qu’une partie de la solution. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut la sortir des équations, parce qu’elle en résume une partie.

    Si on reste dans cette image de la substitution pénale et qu’on imagine que Jésus n’est pas ressuscité, alors certes au jugement dernier (après la résurrection, là qui interviendrait en même temps que tout le monde), on est pas condamné et on reçoit la vie éternel. Mais quel est l’intérêt de recevoir la vie éternel si on repêche tout de suite après, parce que finalement on est toujours dans nos péchés, on est toujours pécheur et on repêcherai de suite après. C’est là qu’intervient la résurrection de Christ, la mort pour nous et la résurrection (mais non à la manière de la solidarité vivifiante). C’est à dire que Dieu enlève notre péché par la communion, la communion est le moyen choisit par Dieu pour enlever notre péché.

    Imaginons qu’on se marie avec Dieu mais que personne ne meurt (personne n’est condamné), l’être formé (le couple) serait un être à moitié pécheur, nous on serait à moitié moins pécheur, et Dieu serait à moitié pécheur, ou du moins nous on le pousserait à être à moitié pécheur. Donc ça ne peut pas marcher, un couple sans mort ça ne peut pas marcher. Si nous mourrons pour nos péché mais pas Dieu, ça ne peut pas marcher, parce que ça reviendrait au fait de ne plus exister, de ne plus être nous même, parce que nous n’avons pas la capacité en nous même de nous ôter notre péché. Comme je l’ai dit si quelqu’un meurt pour ses péché, s’il ressuscite, il devient toujours pécheur. Donc quel intérêt pour Dieu ? pour le couple il faut qu’il y ait un peu de nous même. Par contre si Christ notre mari meurt pour nous, là ça devient possible. Dans la communion on meure avec lui, il faut qu’on voient ce qu’il a vécut, qu’on y communie dans notre âme. S’il ne meure pas, on a pas le droit de prendre ce qu’il y a dans son âme. Dans le cadre du mariage, on a le droit de prendre que ce qui nous est destiné, mais comme je l’ai dit avant on devient à moitié pécheur, donc en ôtant et en prenant on ôte la moitié seulement de notre péché, mais on continue malgré tout à être à moitié pécheur. On a pas le droit de manger le corps d’un animal s’il a encore son esprit, donc s’il est encore vivant. De même quand quelqu’un nous donne quelque chose par accort (ou si on achète quelque chose) ça marche (donc on peut le prendre) que si la personne dit que ça ne lui appartient plus et que au moment où nous le prendrons (ou qu’il nous le donnera) ça nous appartiendra. Là c’est la même chose, il ne peut nous donner quelque chose qui nous fera vie que s’il meure. Quand on meure ça nous appartient plus et donc l’autre peut le prendre. Mais là encore il faut que la personne meure pour nous et prenne la condamnation de ces péchés, sinon on a pas le droit de prendre. Nous une fois qu’on a la chose, on peut avoir une âme, on peut refaire une âme… bien qu’en finale c’est le Père qui le fait.

    Maintenant imaginons que Christ notre mari meure, mais ne ressuscite pas, à quoi ça nous servirait, peut on être s’il n’est pas, ou à t-on le droit de prendre s’il ne ressuscite pas ? La vie on a le droit de prendre que s’Il vit, et on a le droit d’être que s’il est, dans la communion et dans le mariage. As quoi ça sert dans le couple la partie qu’on a pris si l’autre est mort, et qu’on est veuf. Elle n’a d’intérêt que si l’autre vie et qu’il est à côté, et la fait « remuer » en quelque sorte.

    Donc certes l’image de la substitution pénale n’est pas parfaite, elle ne métaphorise qu’une partie de la solution, et ils y a même des fois où elle va contre la « solution – réalité », mais si tu l’enlève, tu enlèves tout le reste.