Sommaire : Introduction à la Création Evolutive

Certains chrétiens évangéliques croient que la théorie de l’évolution est dangereuse pour le christianisme et qu’il faut donc la combattre. En s’engageant dans cette lutte, ils donnent raison aux athées anti-théistes, Richard Dawkins par exemple, qui clament haut et fort que « théorie de l’évolution » et « existence de Dieu » sont incompatibles.

L’association « Science et Foi », dont je suis membre, pense au contraire que l’évolution est une théorie scientifiquement prouvée et qu’au lieu de chercher à nier les faits, les chrétiens devraient plutôt lutter contre les détournements philosophiques de ces faits.

Ainsi, de nombreux scientifiques chrétiens affirment que la création divine et la théorie de l’évolution ne sont nullement incompatibles et défendent ce que l’on appelle la création évolutive.

Pour ce sommaire, je vous propose trois articles, disponibles sur le site Science et Foi, qui présentent cette position (il suffit de cliquer sur les liens surlignés en gras).

Le premier article est de Denis O. Lamoureux.

Denis O. Lamoureux est professeur assistant de science et de religion, au Collège St Joseph, à l’Université d’Alberta. Sa nomination à ce poste est le premier cas de titularisation dans cette discipline au Canada. Il détient trois thèses d’état (dentisterie, théologie et biologie). Lamoureux soutient que, si les limites du christianisme évangélique et de la biologie évolutive sont respectées, alors les relations qu’elles entretiennent sont non seulement complémentaires mais aussi nécessaires. Il est membre du conseil de direction de l’American Scientific Affiliation du Canada et membre de l’ASA (American Scientific Affiliation). Denis Lamoureux est l’auteur de Evolutionnary Creation : A Christian Approach to Evolution (2008), et I Love Jesus and I accept Evolution (2009)

Le deuxième article est de Ted David

Ted Davis est chargé de recherche en Histoire des sciences pour la fondation BioLogos et Professeur d’Histoire des Sciences à l’Université Messiah. Il y enseigne sur les aspects historiques et contemporains du christianisme et des sciences. Il est également le Directeur du Forum de la Religion et des Sciences de Pensylvanie Centrale.

Le troisième de Thomas De Coninck

Thomas De Koninck est titulaire de la Chaire La philosophie dans le monde actuel à l’Université Laval et ancien Doyen de la Faculté de philosophie. Il a été Boursier Rhodes (Oxford, 1956-1959), élu en 2002 à la Société Royale du Canada et nommé membre de l’Ordre du Canada en 2004. Il a reçu en 2002-2003 le prix d’excellence en enseignement de l’Université Laval. Ses livres incluent De la dignité humaine (1995 et 2002), couronné en 1996 par le Prix La Bruyère de l’Académie française, La nouvelle ignorance et le problème de la culture (2000), Philosophie de l’éducation. Essai sur le devenir humain (2004), Aristote, l’intelligence et Dieu (2008) et Questions ultimes (2012), qui a été primé Prix du Livre de l’Association Canadienne de Philosophie en 2013.

A propos David Vincent 221 Articles
Né en 1993, David Vincent est chrétien évangélique et doctorant en sciences religieuses à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (#GSRL). Ses recherches portent sur l’histoire de la théologie chrétienne et de l’exégèse biblique, les rapports entre théologie et savoirs profanes, et l’historiographie confessionnelle. Il est membre de l’association Science&Foi et partage ses travaux sur son blog et sa chaîne Youtube.
  • On peut bien entendu être chrétien et évolutionniste. Les fondamentalistes créationnistes jouent sur l’ambiguïté en laissant croire que :

    – chrétien = créationniste
    – évolutionniste = athée

    …et en jouant sur :

    – l’évolutionnisme implique que Dieu n’intervient pas dans les espèces au cours de l’Histoire
    – l’évolutionnisme implique que le début de l’univers a été déclenché par le hasard

    Or, un chrétien peut très bien être évolutionniste, mais croire que :

    – Dieu a déclenché l’univers
    – le Père suit le cours de l’évolution de sa création et de ses créatures

    Le créationniste fondamentaliste, non seulement se trompe en interprétant la Genèse matériellement, mais il discrédite la foi en employant des arguments mal à propos car il ne s’informe pas des arguments actuels de la science – il sort des arguments vieux de dizaines d’années, que les évolutionnistes ne soutiennent plus. La science, en effet, est honnête : elle se remet en question constamment, révise ses arguments en fonction des nouvelles découvertes. Car la science se base sur des faits, par sur des dogmes, comme le font les fondamentalistes, qui de plus utilisent Dieu comme bouche-trou pour expliquer ce qu’on n’explique pas encore.

    Et ces derniers jouent sur la confusion pour s’attacher les foules : les confusions citées ci-dessus, et aussi celles consistant à :

    – confondre les faits avec les modèles qui expliquent les faits
    – confondre les modèles qui expliquent les faits avec leurs extrapolations

    Les faits sont indéniables, par contre les modèles qui tentent de les expliquer évoluent (oui, là aussi il y a évolution…), et les extrapolations les suivent.

    Le fondamentaliste joue aussi sur ses sources d’information – il confond :

    – ce que dit la science
    – ce que disent les journalistes vulgarisateurs sur ce que la science dit

    Or, on sait que pour vendre il faut parfois simplifier, voire déformer les faits…

    Bien sûr, on trouve aussi des scientifiques fondamentalistes, matérialistes, qui essaient de casser la foi – en fait, ce qu’ils essaient de casser, c’est la religion, les dogmes fondamentalistes « chrétiens ». Les 2 camps fondamentalistes ne valent pas mieux l’un que l’autre : chacun de ces camps est souvent mal informé sur la réalité :

    le fondamentaliste « chrétien » ne cherche pas la vérité scientifique, prétend qu’il n’y a qu’un type d’évolutionniste : le scientifique athée
    le fondamentaliste scientifique ne cherche pas à comprendre la foi, prétend qu’il n’y a qu’un type de chrétien : le créationniste borné

    Bref, chacun met ceux de l’autre « camp » dans le même sac, et les caricature.

    Au final, le fondamentaliste créationniste limite Dieu : pour lui, Dieu est incapable, après avoir créé un univers, d’en guider l’évolution.

  • Pingback: Sommaire : Discussion à propos du Labyrinthe des origines (Alfred Kuen) - Didascale()

  • simon

    Bonjour David,

    Sans rentrer dans le débat scientifico-religieux sur l’évolution.
    Si des scientifiques contestent une théorie considérée comme acquise par leurs autorités et qu’ils ne sont pas écoutés par leurs autorités. Selon toi,leurs autorités sont elles tyranniques ou non ?

    Le comble de la tyrannie est même de faire croire au monde que l’évolution n’a pas d’opposition scientifique.
    Je ne vais pas citer tous les scientifiques qui réfutent l’évolution, mais voici au moins un lien.

    http://www.dissentfromdarwin.org/about/fra/

    • Bonjour Simon,

      C’est une bonne question.

      En histoire, on a le même problème avec le négationnisme.
      Certaines personnes contestent le consensus général et nient l’existence de l’Antiquité, du Moyen Age ou des chambres à gaz.

      Est-il nécessaire de les écouter ? Je ne pense pas. C’est du du temps perdu car le problème est idéologique.
      Même chose pour les anti-évolutionnistes, comme le reconnait d’ailleurs très honnêtement Ken Ham (cf son débat avec Bill Nye).

      Maintenant rien n’empêche ces personnes de s’exprimer sur internet ou ailleurs 🙂

      • simon

        D’accord, si je te suis bien, des spécialistes ne doivent pas tous être écoutés à « égalité ».
        Mais tu vois bien que pour des sujets tels que les médicaments, les OGM etc, la liberté d’expression des experts est encadrés. Ainsi l’information dite scientifique s’avère n’être rien d’autre qu’une propagande pour justifier une pratique (médicale, agricole) couteuse.
        Quand un homme trompe sa femme une première et dernière fois, penses tu que la femme pourra refaire confiance à son mari?
        Pour le couple autorité/citoyens, c’est pareil.

        • Je suis bien d’accord avec toi Simon.
          J’envisage d’ailleurs de faire une thèse de sociologie sur le sujet.
          Dans tous les cas, le problème n’est clairement plus du domaine scientifique.

  • simon

    Alors comme tu vas faire une thèse,et que tu penses que la bible vient de Dieu, je me permet de te recommander les nombreux passages dans lesquels Dieu nous prévient du caractère peu recommandable des autorités, bien qu’il recommande de s’y soumettre.

    « fais-moi échapper au complot des malfaiteurs, aux intrigues des gens malfaisants. »(psaume64:3)

  • Yendis

    Outre les passages du Nouveau Testament, et notamment ceux cités par Jésus où l’on voit que les personnes du récit de la Genèse sont des personnes historiques, et non des mythes, le fait d’accorder du crédit à l’évolution pose un énorme problème théologique…!

    En effet, si vous essayez d’hybrider la théorie de l’évolution (qui est de « la sagesse humaine ») avec la Vérité Biblique (que est la sagesse de Dieu) alors vous êtes face à ce problème insoluble : la mort est apparue avant la chute (qui est en contradiction flagrante avec Ro 5:12 et avec toutes les Écritures)…

    « La sagesse de ce monde est une folie devant Dieu » (1 Co 3:19)

    « La crainte de l’Éternel est le commencement de la science ; les insensés méprisent la sagesse et l’instruction. » (Pro 1:7)

    • Bonjour Yendis,
      Je ferai une série sur le sujet.
      Il n’y a pas grand problème avec la question de la mort.
      Bonne journée,

    • Yendis

      J’ai l’impression que vous avez répondu (d’après la note dans ‘commentaires récents’ en bas de page) mais je ne vois pas votre réponse ^^