Découvrir le Targum (1) : Introduction générale

Je commence une série d’articles pour permettre à chacun de découvrir le Targum (prononcer « Targoum »). J’avais déjà eu l’occasion de faire un article sur le sujet, mais j’aimerais cette fois traiter cette question de manière plus approfondie. La série, après cette introduction, se composera donc de deux grandes parties.

Dans la première partie, je présenterai un certain nombre d’extraits du Targum. Le but est ici de mieux comprendre la mentalité des Judéens, puis des juifs, qui utilisaient, et utilisent toujours, ce procédé d’interprétation de la Bible, mais aussi de découvrir leurs traditions orales. Dans la seconde partie, je proposerai quelques exemples de textes targumiques en rapport avec le Nouveau Testament. Mais avant cela, j’aimerais entamer cette série par une brève présentation de ce qu’est le Targum.

Origine du Targum

Le terme de « targum », qui dérive de l’akkadien et du hittite, veut tout simplement dire « traduire » en araméen. Il s’agit de traduire la Bible, qui a été écrite en hébreu, en araméen pour que le peuple puisse la comprendre. La Tradition rabbinique fait remonter la pratique du Targum à Esdras qui expliquait la Bible au peuple (Néh. 8 : 1-8).

 En effet, avant l’exil le peuple parlait hébreu et les élites parlaient hébreu et araméen. Mais au retour de l’exil babylonien, la situation linguistique a évolué et l’hébreu a petit-à-petit disparu du peuple. A l’époque de Jésus, seuls les aristocrates et les religieux comprenaient encore l’hébreu et c’est pour cette raison que Jésus lui-même prêchait en araméen.

On peut donc dire que le Targum est une version araméenne de la Bible. Toutefois, cette version n’est pas une simple traduction. En traduisant le texte, l’orateur interprète la Bible et, pour cela, ajoute souvent des éléments issus de la tradition orale. Le Targum du Ps-Jonathan est par exemple presque deux fois plus longs que le texte biblique qu’il traduit.

De l’oral à l’écrit

Par la suite, ces Targumim, pluriel de Targum, ont été mis par écrits. Cependant, de par leur mode même de composition, il existe différentes versions. Tous les livres bibliques, à l’exception de Daniel, Esdras et Néhémie ont un Targum, mais tous ces targumim n’ont pas la même importance. Le judaïsme rabbinique accorde à la version dite d’Onqelos, le statut de Targum officiel.

Toutefois, c’est une décision rabbinique postérieure au Nouveau Testament. Ce Targum a en effet été finalisé en Babylonie, probablement au début du 3esiècle après Jésus-Christ. Pour comprendre le contexte historique du Nouveau Testament et découvrir les traditions orales judéennes et juives, il est donc aussi intéressant d’étudier les autres Targumim, notamment celui du Ps-Jonathan et le Targum Palestinien. Pour la première partie, ce sont justement ces deux targumim, édités dans la collection « Sources chrétiennes », que je vais utiliser.

Les Targumim conservés

Il faut cependant bien préciser que sous forme écrite, ils n’existaient pas tel quel à l’époque de Jésus. Ils n’ont été définitivement édités que vers le 7eou 8esiècle. Toutefois, ils préservent des traditions anciennes, dont certaines datent même d’avant la venue de Jésus.

Conclusion

En conclusion, l’étude des Targumim a deux intérêts principaux :

  1. La découverte des traditions orales judéenne et juive
  2. Une meilleure compréhension des mentalités des Judéens et des juifs, et notamment de leur rapport à la Bible.

Ces deux éléments pouvant nous aider à mieux comprendre le contexte historique du Nouveau Testament.

Bibliographie

Le Déaut, R. (1966). Introduction à la littérature targumique. Rome : Institut Biblique Pontifical.

McNamara, M. (1978). The New Testament and the Palestinian Targum to the Pentateuch. Rome : Biblical Institute Press. (2eédition revue et augmentée).

McNamara, M. (2010). Targum and Testament Revisited. Aramaic Paraphrases of the Hebrew Bible : A Light on the New Testament. Grand Rapids : Eerdmans. (2eédition).

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A propos David Vincent 294 Articles
Né en 1993, David Vincent est chrétien évangélique et doctorant en sciences religieuses à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (#GSRL). Ses recherches portent sur l’histoire de la théologie chrétienne et de l’exégèse biblique, les rapports entre théologie et savoirs profanes, et l’historiographie confessionnelle. Il est membre de l’association Science&Foi et partage ses travaux sur son blog et sa chaîne Youtube.